ESSAIM UBAYE 2012-2015

Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence) essaim 2012-2015

Ce point d'exclamation rouge signale les nouveaux paragraphes ou les paragraphes récemment mis à jour.

 

Liste des séismes de magnitude supérieure à 2 relocalisés avec précision

Dernière mise à jour : 14 avril 2015

 Date   Heure UTC   Lat       Long     Prof    Mag
aammjj hhmm ss.ss dd mm     dd mm       km
120226 2237 55.54 44-29.75   6-39.49   8.87   4.30
120226 2339 34.76 44-29.21   6-40.16   8.94   3.44
120227 1631 21.42 44-29.11   6-40.18   9.05   3.62
120227 2305 27.36 44-29.47   6-40.04   8.95   2.33
120228 0320 11.90 44-29.37   6-40.01   8.63   2.02
120228 0901 01.88 44-28.85   6-40.33   8.40   2.27
120302 0715 50.78 44-28.99   6-40.40   9.10   3.62
120305 1456 49.44 44-29.94   6-39.27   5.30   2.71
120305 1634 50.47 44-29.79   6-39.43   7.93   2.29
120306 0927 01.70 44-29.78   6-39.12   6.40   2.10
120307 2330 18.84 44-29.71   6-39.15   6.87   3.15
120308 1826 22.02 44-28.68   6-40.44   8.73   2.98
120309 0659 33.70 44-29.96   6-39.43   6.83   2.28
120314 0703 37.59 44-29.70   6-39.12   7.37   2.89
120314 0801 40.62 44-29.47   6-38.99   7.70   2.09
120325 0805 30.58 44-28.56   6-40.48   8.64   3.42
120325 2109 21.62 44-30.05   6-39.66   7.33   2.19
120326 2011 31.40 44-29.39   6-39.10   8.34   2.68
120403 0339 57.53 44-29.59   6-39.65   9.41   2.45
120420 0457 33.86 44-28.31   6-40.13   8.72   2.55
120502 0726 14.07 44-28.58   6-40.16   8.52   2.16
120504 2113 17.06 44-28.72   6-39.92   8.52   2.23
120510 1855 41.74 44-28.45   6-40.65   8.17   2.02
120526 1718 32.10 44-30.30   6-39.92   7.42   2.53
120530 0557 20.96 44-29.04   6-39.61   8.72   2.51
120713 0609 50.27 44-28.11   6-40.27   8.69   2.34
120811 1715 11.22 44-28.33   6-40.51   8.59   2.44
121017 1217 13.56 44-28.96   6-39.88   9.10   2.01
121102 1822 39.68 44-28.03   6-41.41   6.82   2.61
121122 1108 05.04 44-28.14   6-40.17   8.96   2.06
121125 1456 46.18 44-28.27   6-40.18   8.87   2.02
121225 1431 33.29 44-28.09   6-39.96   8.81   2.12
130115 1420 59.54 44-37.82   6-53.33   4.76   2.00
130210 2314 19.72 44-30.05   6-39.24   9.35   2.18
130615 1918 15.04 44-28.30   6-40.12   9.16   2.05
130916 1330 15.89 44-30.09   6-38.79  10.01   2.19
131221 1609 21.89 44-28.11   6-41.54   7.33   3.14
131221 1620 34.82 44-28.21   6-41.24   6.67   2.18
140321 0921 21.39 44-29.34   6-38.56   5.24   2.10
140407 1926 59.46 44-29.60   6-39.53   9.96   4.82
140408 0025 21.69 44-28.20   6-40.72   8.06   2.14
140408 1334 36.67 44-32.07   6-38.32   6.87   2.09
140408 2206 20.84 44-28.17   6-40.35   8.29   2.00
140411 0336 53.84 44-28.11   6-39.96   9.01   2.10
140411 0748 17.76 44-27.44   6-39.71   6.37   2.02
140414 1408 49.76 44-28.04   6-40.55   8.09   2.83
140416 1806 09.96 44-29.08   6-39.82   9.70   2.37
140418 0441 35.93 44-28.05   6-40.52   8.49   2.60
140422 1656 14.78 44-28.14   6-40.26   9.07   2.05
140428 0211 39.37 44-29.43   6-40.36   7.40   2.28
140428 0819 42.40 44-29.18   6-39.36   7.91   2.15
140502 1605 58.20 44-29.75   6-39.37   6.92   2.06
140505 2315 05.16 44-27.97   6-40.46   8.27   2.28
140511 1545 53.16 44-28.82   6-39.70   9.73   2.44
140517 0934 40.64 44-28.87   6-38.17   6.74   2.91
140519 1619 41.62 44-29.25   6-39.80   9.80   2.11
140603 0637 23.14 44-31.29   6-38.81   9.13   2.00
140604 2143 21.92 44-28.35   6-41.23   6.45   2.15
140605 1706 06.96 44-28.20   6-41.35   7.43   2.75
140622 0132 14.73 44-29.61   6-39.66   9.82   3.56
140714 0309 24.88 44-29.69   6-39.43  10.64   3.48
140728 0010 48.96 44-27.46   6-40.11   8.87   2.02
140729 2100 12.38 44-29.47   6-40.21   7.82   2.35
140808 0102 59.37 44-27.80   6-38.24   6.93   2.40
140829 1356 03.96 44-29.62   6-39.13   9.80   2.53
140912 2126 36.46 44-29.07   6-39.90   9.72   3.13
140919 1044 22.99 44-30.39   6-38.83  10.07   2.88
140922 1159 24.06 44-28.75   6-39.47   9.98   2.58
141022 1238 02.35 44-30.30   6-43.00   2.88   2.02
141125 0733 36.89 44-28.00   6-40.46   8.04   3.09
141231 1001 09.54 44-27.93   6-40.47   8.67   2.81
150210 0539 10.85 44-31.58   6-38.92  10.97   3.05
150210 0539 24.42 44-31.64   6-38.58   8.07   3.10
150314 1859 59.66 44-28.05   6-40.79   8.18   2.31
150327 0918 38.05 44-30.19   6-40.24   7.81   2.29
150401 2212 05.44 44-30.08   6-40.52   8.87   2.83
150411 0530 56.22 44-30.06   6-40.54   9.06   2.84
150411 0533 14.25 44-29.95   6-39.90   7.49   3.38
150411 0748 56.24 44-28.00   6-40.67   8.27   2.38
150413 1357 52.96 44-28.02   6-40.86   8.57   2.14


Date  Heure UTC  Date et heure origine de l'événement exprimée en Temps Universel Coordonné. Ajouter une heure pour obtenir l'heure légale d'hiver en France ; ajouter deux heures pour obtenir l'heure légale d'été (du dernier dimanche de mars au dernier dimanche d'octobre).
Lat  Long  Latitude et longitude de l'épicentre en degrés et minutes.
Prof  Profondeur du foyer en kilomètres comptée à partir du niveau de la mer. Une profondeur négative correspond à un foyer situé entre la surface et le niveau de la mer en zone montagneuse.
Mag  Magnitude locale de Richter (ML) déterminée par Sismalp.

Analyse faite le 14 avril 2015.   La carte ci-contre montre en blanc l'essaim de séismes de 2003-2004 ; en rose l'essaim de 2012-2014 jusqu'au 6 avril 2014 ; en rouge les séismes depuis le 7 avril 2014 ; en rose et en rouge cerclé de blanc les épicentres respectifs des séismes du 26 février 2012 et du 7 avril 2014 ; en brun, exceptionnellement sur cette carte, les séismes survenus depuis début avril. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les deux stations sismologiques permanentes les plus proches (Crévoux et Jausiers), et une station semi-permanente installée à La Condamine le 1er mai 2014.

Bien que de l'activité continue à se manifester à l'extrémité sud de l'essaim (latitude 44°28'N, longitude 6°41'E, secteur du torrent du Bérard), c'est essentiellement dans le nord de l'essaim que se concentrent les séismes depuis début avril (latitude 44°30'N, longitude 6°40'E, secteur est de l'arête du Parpaillon). Les épicentres s'y alignent selon une direction SW–NE (donc perpendiculaire à la direction générale de l'essaim). On avait déjà noté ce phénomène à plusieurs reprises en mars 2012 peu après l'initiation de l'essaim. L'essaim principal se trouve peut-être bloqué dans son fonctionnement sur le flanc nord-ouest du Parpaillon, l'activité récemment observée traduisant alors une tentative d'utiliser un autre réseau de failles, toujours orientées NW–SE, mais situées 2 km plus à l'est. C'est dans cette zone active que s'est produit le magnitude 3,4 du 11 avril au matin, la plus forte magnitude depuis le 14 juillet 2014. Son épicentre est situé à 1 km au nord-est des épicentres des deux principaux séismes de l'essaim survenus en 2012 et 2014. La commune la plus proche de cet épicentre du 11 avril est Saint-Paul (6 km).

Comme évoqué lors de nos précédents bulletins, on peut retenir trois scénarios dans les mois (ou les années ?) qui viennent :

1. Migration de l'activité vers le nord-ouest en direction des Hautes-Alpes, comme suggéré par nos observations de la sismicité de cette zone depuis 2003. Cette migration pourrait se faire soit dans le prolongement de l'essaim actuel (passant alors à proximité de la Chalp), soit par l'activation d'un essaim parallèle, situé plus à l'est, donc moins proche de la vallée de Crévoux.

2. Une autre possibilité est qu'un séisme éventuellement de forte magnitude se produise un jour sur la baïonnette décalant les deux essaims de 2003-2004 (en blanc sur la carte ci-contre) et de 2012-2015 (en rose et rouge). Le secteur concerné serait alors celui de latitude 44°28'N, longitude 6°42'E, à moins de 2 km à l'ouest de la station de Sainte-Anne.

3. Un dernier scénario, le plus probable compte tenu de ce que nous connaissons de la sismicité de cette zone, est une réactivation sporadique de l'essaim existant, sans migration supplémentaire ; on pourrait à cette occasion assister au comblement de la lacune sismique située à environ 5 km au sud-est de Crévoux (latitude 44°30,7'N, longitude 6°39'E, vallon des Eyguettes).

Histogramme de l'activité sismique.   En rouge (échelle de gauche) : nombre de séismes détectés chaque jour dans la zone épicentrale depuis le début de l'année 2012. Nombre maximal (455) atteint le 7 avril 2014. Les cercles blancs (dont le rayon est proportionnel à la magnitude) sont placés chronologiquement en fonction de l'échelle de magnitude (à droite). Magnitude maximale (4,8) atteinte le 7 avril 2014.

Depuis début 2012, plus de 13 000 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. 5 900 séismes ont été localisés ; 2 800 ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres roses et rouges). 210 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1,5 et ont donc pu être ressentis localement.

Depuis le 7 avril 2014, 7 800 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. 3 800 séismes ont été localisés ; 1 700 ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres rouges).

Après l'accalmie notée fin février et début mars, l'activité sismique a repris début avril. Elle a atteint quelques jours après un niveau inégalé depuis plus de huit mois (73 séismes détectés le 11 avril contre 87 le 30 juillet 2014). Si le pic du 11 avril est clairement lié au séisme de magnitude 3,4, on notera cependant que le pic du 30 juillet n'a été accompagné que d'un séisme de magnitude 2,3. Donc : pic d'activité n'est pas forcément synonyme de fort séisme. Le nombre de séismes détectés sur les 30 derniers jours est de 355, soit 12 par jour, en nette augmentation par rapport à notre dernière analyse (3 à 4 séismes par jour). Le décompte des séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 est : 11 en avril 2014, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 en septembre, 1 en octobre, 1 en novembre, 1 en décembre, 2 en février 2015, 2 en mars, 5 en avril. La décroissance régulière observée en 2014 est sérieusement mise à mal.

Nous ne pouvons que reprendre les termes de notre précédente analyse : la prudence reste de règle, l'évolution de l'activité d'un essaim étant imprévisible. Cependant, en se fondant sur ce que l'on connaît de la sismicité de la région, il est très probable que l'activité, même subissant les fluctuations observées ces derniers mois (périodes d'accalmie suivies de regain), persiste tout au long de l'année 2015. Outre les très faibles magnitudes (–0,5 à 1,5) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement. Des magnitudes 2 à 3 sont toujours une quasi certitude ; des magnitudes 3 à 4 restent possibles ; des séismes de magnitude supérieure à 4 sont beaucoup moins probables mais c'est une éventualité que l'on ne peut complètement écarter.

 

Mécanismes au foyer

Les coordonnées épicentrales ont été affinées : 44°29,9'N et 6°39,6'E, ce qui correspond à un épicentre situé à égale distance de Saint-Paul-sur-Ubaye (7,5 km à l'est–nord-est), de La Condamine-Châtelard (7,5 km au sud-est) et de Crévoux (7,5 km au nord–nord-ouest). Le foyer se trouve sous le sommet oriental de la Montagne de Parpaillon qui culmine à près de 3 000 m et qui marque la limite entre les départements des Hautes-Alpes et des Alpes-de-Haute-Provence. La profondeur du foyer est de 8,8 km par rapport au niveau de la mer, soit près de 12 km sous la surface.

Le mécanisme au foyer montre clairement une extension (mécanisme dit « en faille normale ») selon un axe pratiquement est–ouest, avec deux plans de faille possibles : le premier, d'azimut N25°E, plonge à 45° vers le SE ; le second, d'azimut N160°E, plonge à 55° vers le SW. La direction N160°E semble plus vraisemblable sur le plan tectonique.

On trouve dans les nappes du « Flysch à Helminthoïdes » qui constituent l'essentiel du relief de ce secteur, quelques rares failles d'1 à 2 km de long et d'orientation N135–N160°E*.

* Carte géologique détaillée de la France au 1/50 000 (feuille Embrun XXXV-38, coord. C. Kerckhove), BRGM, Orléans, 1969.

Les coordonnées épicentrales ont été affinées : 44°29,7'N et 6°39,6'E, ce qui correspond à un épicentre situé 400 m plus au sud que l'épicentre de 2012. La profondeur du foyer est de 9,9 km par rapport au niveau de la mer, soit 13 km sous la surface. Le foyer est plus profond qu'en 2012 (9,9 km contre 8,8 km).

Pour confirmer le mécanisme au foyer préliminaire obtenu avec les seules données du réseau Sismalp et de 4 stations des Alpes italiennes, on a utilisé les données de différents réseaux sismologiques régionaux ou nationaux situés à des distances de 100 à 500 km : Suisse (Service sismologique suisse, Zurich), Italie du nord-ouest (Département des sciences de la Terre, Gênes) et Pyrénées (Observatoire Midi-Pyrénées, Toulouse). La faille qui a joué lors du séisme du 7 avril a une orientation N155°E et pend à 58° vers le sud-ouest. Cette faille, qui a fonctionné à la fois en décrochement dextre et en extension, est de même orientation et de même pendage que celle qui a joué lors du séisme de 2012. Ce phénomène est pour le moins exceptionnel mais pas impossible dans un contexte d'essaim.

 

Qu'est-ce qu'une crise sismique en essaim ?

Une crise sismique en essaim est une succession de séismes qui surviennent en un endroit donné au cours de plusieurs jours, plusieurs mois ou plusieurs années (durée très variable). Il est souvent impossible d'identifier, parmi ces séismes, celui qui pourrait être considéré comme le séisme principal. Ce phénomène de libération d'énergie sismique est très différent de la séquence « séisme principal + répliques » observée habituellement.

Les essaims de séismes sont assez fréquents dans les zones volcaniques, que ces zones soient actives ou pas. L'un des essaims les plus connus est celui de Matsushiro (près de Nagano, au nord-ouest de Tokyo) qui a duré de 1965 à 1967 en produisant environ 1 million de séismes. En avril 1966, jusqu'à 6 000 séismes se produisaient quotidiennement. Heureusement, seule une faible proportion de ces séismes étaient ressentis. À Matsushiro, le phénomène a été clairement identifié comme étant lié à une remontée magmatique.

En Europe, des essaims de séismes se produisent très régulièrement dans les monts Métallifères (Erzgebirge) qui forment la frontière entre la Tchéquie et l'ancienne Allemagne de l'Est. Ce phénomène y est connu depuis le XVIe siècle et c'est le sismologue allemand Knett qui, le premier, en 1899, l'a baptisé « Schwarmbeben » (tremblement [de terre] en essaim). Les crises sismiques des monts Métallifères peuvent durer plusieurs mois et produire plusieurs milliers de séismes. La dernière crise importante s'est produite en 2014. On pense que ces crises ont aussi liées à l'environnement magmatique des monts Métallifères qui ont été le siège de volcanisme au Quaternaire.

Phénomènes sonores associés

Lors d'un séisme, des ondes sismiques élastiques sont émises dans toutes les directions à partir du foyer. Ces ondes se propagent dans les roches environnantes. Lorsqu'elles parviennent en surface, elles transmettent une partie de leur énergie à l'atmosphère et se convertissent en onde sonore. Ce phénomène ne peut être observé qu'à proximité immédiate de la source ; il est d'autant plus marqué que les magnitudes sont faibles, car ces séismes sont plus riches en hautes fréquences.

Le séisme de Saint-Paul-sur-Ubaye de 1959

Pour autant que l'on sache, le plus gros séisme historique du secteur s'est produit le dimanche 5 avril 1959 à 10 h 48 sans activité sismique prémonitoire. De magnitude 5,5, ce séisme est l'un des principaux séismes destructeurs du XXe siècle en France. Il a été ressenti jusqu'à Toulon et a provoqué, selon Rothé & Dechevoy* d'importants dégâts immobiliers (intensité VIII) à Saint-Paul-sur-Ubaye, notamment dans les hameaux de Grande Serenne et de Petite Serenne : « Il y a eu des effondrements de pignons ; la chapelle des Gleizolles, trop endommagée, a dû être démolie ; une partie de la voûte de l'église du chef-lieu est tombée ; 80 % des cheminées ont été abattues ; deux enfants ont été grièvement blessés par les chutes de cheminées ; une automobile a été défoncée. » Toujours selon Rothé et Dechevoy, l'intensité VII a été atteinte à La Condamine-Châtelard, Jausiers, Meyronnes, Vars, Ceillac et Château-Ville-Vieille. Ce séisme a été suivi de répliques pendant plusieurs mois (cas de figure classique « séisme principal + répliques »).

Rothé, J.-P. & Dechevoy, N., 1967. La séismicité de la France de 1951 à 1960, Annales Inst. Phys. Globe Strasbourg, VIII, 19–84. Dans ce catalogue, le séisme de 1959 porte le numéro 116 ; il y est décrit aux pages 67–71.

 

La surveillance sismique de la zone active

Le réseau sismologique de l'observatoire de Grenoble (Sismalp) a installé, le 1er et le 10 mars 2012, deux stations sismologiques temporaires pour renforcer encore la surveillance de la zone active. Sismalp dispose en effet de neuf stations permanentes situées à moins de 40 km de la zone épicentrale : Jausiers, Combe Brémond, Saint-Ours et Méolans (Alpes-de-Haute-Provence), Crévoux, Saint-Crépin, Abriès et Réallon (Hautes-Alpes), Villeneuve-d'Entraunes (Alpes-Maritimes). Les deux nouveaux sites instrumentés temporairement sont situés à Sainte-Anne (La Condamine) et à Tournoux (Saint-Paul) chez des particuliers. Les données recueillies sont transmises par téléphone, en temps différé, à l'Isterre (Institut des sciences de la Terre, Grenoble). Ces deux stations ont fonctionné jusqu'à l'été 2013.

Le séisme d'avril 2014 a entraîné la remise en service, le 1er mai, d'une des deux stations temporaires de 2012.

 

Aide à l'interprétation des sismogrammes du réseau d'alerte

En cas de séisme détecté dans les Alpes ou ailleurs dans le monde, le réseau d'alerte sismique de l'observatoire de Grenoble met à disposition, sous un délai de quelques minutes, les sismogrammes obtenus dans une vingtaine de stations réparties dans les Alpes françaises, suisses et italiennes. Si un séisme se produit en Ubaye, c'est la station SURF (fort de Saint-Ours, 7 km au nord-est de La Condamine) qui aura les plus grandes amplitudes ; lorsque ces amplitudes sont très importantes, il peut y avoir saturation* du signal, qui se traduit visuellement par le fait que le sismogramme atteint, de part et d'autre de sa ligne de zéro, une amplitude impossible à dépasser. C'est aussi SURF qui sera atteinte la première par les ondes sismiques, car c'est la station la plus proche de la zone épicentrale.

Lorsqu'on accède aux sismogrammes du réseau d'alerte pour un séisme donné (attention aux heure données en Temps universel (UTC) : il faut soustraire 1 ou 2 heures à l'heure légale pour obtenir l'heure UTC selon que l'on se trouve en heure d'hiver (UTC+1) ou en heure d'été (UTC+2)), les sismogrammes sont présentés les uns sous les autres, avec un classement grosso modo nord-sud qui correspond à la position géographique des stations. La station SURF se trouve vers le bas de l'écran. On décrit ci-dessous cinq séismes typiques de la crise de l'Ubaye, pour cinq magnitudes croissantes : 0,9, 1,3, 2,0, 2,4 et 3,6.

* Cette saturation n'est que visuelle, les appareillages utilisés (vélocimètres) ayant une dynamique beaucoup plus grande et ne saturant à courte distance (quelques kilomètres) que si la magnitude dépasse 4,5. (Dans les Alpes, ce cas de figure est extrêmement peu fréquent.)

Magnitude 0,9.

SURF a une amplitude maximale qui atteint le milieu de l'écran. Le sismogramme de SURF montre également, 4 secondes avant le séisme, un plus petit séisme de très faible magnitude ; d'autres suivent une à deux minutes après.

Magnitude 1,3.

SURF a une amplitude maximale qui atteint le haut de l'écran.

Magnitude 2,0.

SURF sature sur environ 2 secondes. Le séisme commence a être clairement identifiable sur l'ensemble des stations, y compris à la station SSBG (en haut de l'écran) située en Haute-Loire.

Magnitude 2,4.

SURF sature sur environ 7 secondes. On observe, près de deux minutes après, un autre séisme dont l'amplitude pour SURF dépasse le milieu de l'écran (donc de magnitude voisine de 1,0).

Magnitude 3,6.

SURF (et certaines autres stations du sud de l'arc alpin) saturent sur environ 1 minute. Un écran noir (saturation de toutes les stations sur plus de deux minutes) correspondrait à un séisme de magnitude supérieure à 4,3 environ.

ATTENTION ! Les commentaires qui précèdent ne sont valables que pour des séismes de la crise de l'Ubaye.

Autres exemples d'enregistrements

Sismogramme enregistré à Saint-Ours (station SURF, à environ 9 km de distance épicentrale) pour le séisme principal du 26 février (ML=4,3). La représentation utilisée « normalise » les amplitudes, c'est-à-dire que l'amplitude maximale occupe tout l'écran.
Le même enregistrement que ci-dessus, mais avec une échelle d'amplitude dilatée environ 100 fois, montre qu'au bout de trois minutes le sol n'est toujours pas revenu à son état d'équilibre. On observe aussi, à 22:39:33 et 22:39:45, deux petites répliques.

 

Archives : localisations des séismes et analyse de la crise

Analyse faite le 6 mars 2015.   Depuis les deux séismes de magnitude 3 qui se sont produits au nord de l'essaim principal début février, l'activité sismique s'est répartie sur l'ensemble de la zone, avec un secteur préférentiel situé à environ 3 km à l'ouest du hameau de Sainte-Anne.

Comme évoqué précédemment, on ne peut exclure que l'activité continue à migrer vers le nord-ouest en direction de Crévoux. Une autre possibilité est qu'un séisme se produise un jour sur la baïonnette décalant les deux essaims de 2003-2004 (en blanc sur la carte ci-contre) et de 2012-2015 (en rose et rouge). Un dernier scénario, le plus probable compte tenu de ce que nous connaissons de la sismicité de cette zone, est une réactivation sporadique de l'essaim existant, sans migration supplémentaire ; on pourrait à cette occasion assister au comblement de la lacune sismique située à environ 5 km au sud-est de Crévoux.

Depuis le 7 avril 2014, plus de 7 400 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. La période la plus active a été du 7 au 18 avril 2014 où 2 473 séismes ont été détectés, soit 206 par jour en moyenne. 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute.

Depuis le 7 avril 2014, plus de 3 600 séismes ont été localisés ; plus de 1 600 d'entre eux ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres rouges). Depuis 2012, près de 200 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1,5 et ont donc pu être ressentis localement.

Après les deux séismes de magnitude 3 du 10 février 2015, l'activité a très sensiblement baissé en février. Le décompte des séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 est : 11 en avril 2014, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 en septembre, 1 en octobre, 1 en novembre, 1 en décembre, 2 en février 2015. Le nombre de séismes détectés sur les trente derniers jours est de 111 (3 à 4 séismes par jour en moyenne), ce qui est inférieur aux observations faites en mars 2014 (121). C'est la première fois depuis onze mois que l'on retombe à un niveau d'activité aussi faible.

Il faut cependant rester prudent, et il est très probable que l'activité, même se réduisant de façon significative, persiste sur la plus grande partie de l'année 2015. Outre les très faibles magnitudes (–0,5 à 1,5) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement en s'espaçant dans le temps. Des magnitudes 2 à 3 sont toujours une quasi certitude. Des séismes de magnitude 3 à 4, voire supérieure à 4, restent une éventualité qu'on ne peut complètement écarter.

Analyse faite le 10 février 2015.   Les deux séismes de magnitude 3,0 qui se sont produits à 13 secondes d'intervalle au matin du 10 février 2015 avaient leurs épicentres à 3,5 km au sud-est de Crévoux (plus gros disques bruns sur la carte ci-contre). Ceux-ci sont pratiquement confondus (400 m de distance horizontale). C'est la première fois depuis le début de l'essaim (février 2012) que des séismes de magnitude 3 se produisent aussi au nord, dans une sorte de « lacune sismique » séparant deux sous-essaims apparus l'an dernier sous le flanc nord-ouest du massif du Parpaillon (c'est-à-dire cette fois nettement dans le département des Hautes-Alpes). Cette lacune était anormale et vient donc partiellement de se combler.

On avait noté depuis quelques jours une recrudescence de l'activité sismique dans ce secteur proche de Crévoux, avec une magnitude maximale proche de 2 le samedi 7 février en fin d'après-midi. Mais rien ne permettait de prévoir un événement plus important. L'activité sismique, qui a continué à se manifester dans la matinée du 10 février, fait apparaître un alignement sud-ouest–nord-est (petits disques bruns), pouvant indiquer que c'est une faille transverse à l'essaim qui a rompu par deux fois le 10 février au matin. Une autre lacune, située 1,5 km plus au sud–sud-est et qui sépare les sous-essaims nord de l'essaim principal, pourrait un jour se combler d'une façon similaire.

Comme évoqué précédemment, on ne peut exclure que l'activité continue à migrer vers le nord-ouest en direction de Crévoux. Une autre possibilité est qu'un séisme se produise un jour sur la baïonnette décalant les deux essaims de 2003-2004 (en blanc sur la carte ci-contre) et de 2012-2015 (en rose et rouge). Une dernière, la plus probable compte tenu de ce que nous connaissons de la sismicité de cette zone, est une réactivation sporadique de l'essaim existant, sans migration supplémentaire.

Malgré l'occurrence des deux séismes de magnitude 3 du 10 février 2015, l'activité a été globalement calme en janvier–février. Le décompte des séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 est : 11 en avril, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 en septembre, 1 en octobre, 1 en novembre, 1 en décembre, 2 en février 2015. Le nombre de séismes détectés sur les trente derniers jours est de 138 (4 à 5 séismes par jour en moyenne), en très nette baisse par rapport à notre précédente analyse (236). Il faut cependant noter que les données de la station temporaire intallée à La Condamine–Sainte-Anne à seulement quelques kilomètres de l'essaim ne peuvent actuellement être transmises. Cela peut expliquer en partie cette apparente décroissance de l'activité.

Il est très probable que l'activité persiste sur la plus grande partie de l'année 2015. Outre les très faibles magnitudes (–0,5 à 1,5) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement, probablement en s'espaçant dans le temps : magnitude 2 à 3 (toujours une quasi certitude), 3 à 4 (encore possible), voire supérieure à 4 (mais cette éventualité, si on ne peut l'écarter complètement, présente une probabilité bien plus faible que les deux précédentes).

Analyse faite le 9 janvier 2015.   Le foyer du séisme de magnitude 2,8 du 31 décembre était très proche de celui du 25 novembre (comparez : 44°28,0'N  6°40,4'E  8,0 km en novembre contre 44°27,9'N  6°40,5'E  8,6 km en décembre). L'épicentre est situé dans la partie sud de l'essaim, à moins de 6 km à l'ouest de La Condamine.

Comme déjà signalé à plusieurs reprises depuis le début de cette crise en 2012, on ne peut exclure, en particulier parce que c'est l'extrémité sud de l'essaim qui continue à être la plus active, qu'un séisme se produise un jour sur la baïonnette décalant les deux essaims de 2003-2004 (en blanc sur la carte ci-contre) et de 2012-2015 (en rose et rouge). Le secteur concerné est situé à 3 km à l'ouest de La Condamine. Une autre possibilité d'évolution qu'on ne peut non plus écarter serait une migration de l'activité vers le nord-ouest en direction de Crévoux (Hautes-Alpes). Une dernière, la plus probable compte tenu de ce que nous connaissons de la sismicité de cette zone, est une réactivation sporadique de l'essaim existant.

Depuis le 7 avril 2014, près de 8 000 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. La période la plus active a été du 7 au 18 avril 2014 où 2 473 séismes ont été détectés, soit 206 par jour en moyenne. 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute.

Depuis le 7 avril 2014, plus de 3 500 séismes ont été localisés ; près de 1 700 d'entre eux ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres rouges). Depuis 2012, près de 200 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1,5 et ont donc pu être ressentis localement.

L'activité a été globalement calme en décembre (en tout cas plus calme qu'en octobre-novembre), sauf le tout dernier jour du mois où l'on a détecté plus de 30 séismes dans la journée, ce qui ne s'était pas produit depuis début novembre. Il y a cependant beaucoup moins de séismes importants que précédemment : 11 séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 en avril, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 en septembre, 1 en octobre, 1 en novembre, 1 en décembre. Le nombre de séismes détectés sur les trente derniers jours est de 236 (7 à 8 séismes par jour en moyenne), en très légère baisse par rapport à notre précédente analyse.

Il est très probable que l'activité persiste sur la plus grande partie de l'année 2015. Outre les très faibles magnitudes (–0,5 à 1,5) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement, probablement en s'espaçant dans le temps : magnitude 2 à 3 (toujours une quasi certitude), 3 à 4 (encore possible), voire supérieure à 4 (mais cette éventualité, si on ne peut l'écarter complètement, présente une probabilité bien plus faible que les deux précédentes).

Analyse faite le 26 novembre 2014.   Le séisme de magnitude 3,1 du 25 novembre au matin est le premier depuis deux mois à avoir dépassé la magnitude 2. (Le 22 octobre, un séisme avait atteint la magnitude 2, mais il s'était produit en dehors de l'essaim.) Son épicentre était situé dans la partie sud de l'essaim, à 3 km à l'ouest de la station de Sainte-Anne. La profondeur du foyer (8,1 km) peut être qualifiée de « normale » pour l'essaim, où l'on observe que les séismes de magnitude 3 à 4 se produisent entre 6,6 et 10,6 km de profondeur.

Depuis janvier 2012, 12 786 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate, dont 7 355 depuis le 7 avril 2014. La période la plus active a été du 7 au 18 avril 2014 où 2 473 séismes ont été détectés, soit 206 par jour en moyenne. 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute.

Depuis janvier 2012, 5 457 séismes ont été localisés, dont 3 387 depuis le 7 avril 2014. Depuis janvier 2012, 2 708 séismes ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres roses et rouges), dont 1 639 depuis le 7 avril 2014 (épicentres rouges). Depuis 2012, 182 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1,5 et ont donc pu être ressentis localement.

Après des mois d'octobre et de novembre beaucoup plus calmes, l'activité a repris fin novembre avec un séisme de magnitude 3,1. Il y a cependant beaucoup moins de séismes importants que précédemment : 11 séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 en avril, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 en septembre, 1 en octobre, 1 en novembre. Le nombre de séismes détectés sur les trente derniers jours est de 255 (9 séismes par jour en moyenne).

Comme mentionné dans les précédentes analyses, cela ne signifie pas que la crise est terminée. Au vu de l'histogramme, il est très probable que l'activité persiste sur la plus grande partie de l'année 2015. Outre les très faibles magnitudes (–0,5 à 1,5) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement, probablement en s'espaçant dans le temps : magnitude 2 à 3 (toujours une quasi certitude), 3 à 4 (encore possible), voire supérieure à 4 (mais cette éventualité, si on ne peut l'écarter complètement, présente une probabilité bien plus faible que les deux précédentes).

Analyse faite le 6 novembre 2014.   Au cours du mois d'octobre, le seul séisme ayant atteint la magnitude 2 s'est produit le 22 octobre en début d'après-midi. Il a pu être ressenti à Tournoux, puisque son épicentre est situé en dehors de l'essaim, à mi-distance entre l'essaim et Saint-Paul (disque brun sur la carte ci-contre, à 3 km à l'ouest–sud-ouest de Saint-Paul). Visiblement, ce séisme n'est pas directement lié à l'essaim, d'autant plus que sa profondeur de 2,7 km est beaucoup plus faible que les valeurs habituellement calculées pour l'essaim (entre 5 et 10 ). Ce séisme fait plutôt partie du bruit de fond de sismicité sporadique qui grêle régulièrement le secteur.

Depuis avril 2014, environ 5 500 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute). Près de 3 000 séismes ont été localisés depuis avril 2014. Environ 2 500 ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres rouges). Depuis 2012, on estime qu'environ 150 séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis.

Après un mois de septembre marqué par trois séismes de magnitude supérieure à 2,5, le mois d'octobre montre une activité en sensible décroissance : la magnitude maximale observée est de 2,0, et à peine une vingtaine de séismes détectés par jour en moyenne. L'activité est globablement à la baisse. Ainsi, on a relevé 11 séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 en avril, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 en septembre, 1 en octobre.

Mais cela ne signifie pas que la crise est terminée. Au vu de l'histogramme, il est très probable que l'activité se poursuive dans les prochains mois et même sur la plus grande partie de l'année prochaine. Outre les très faibles magnitudes (–0,5 à 1,5) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement, probablement en s'espaçant dans le temps : magnitude 2 à 3 (toujours une quasi certitude ; cette probabilité se trouve renforcée par l'absence de séismes de magnitude supérieure à 1,5 dans l'essaim lui-même depuis fin septembre), 3 à 4 (encore possible), voire supérieure à 4 (mais cette éventualité, si on ne peut l'écarter complètement, présente une probabilité bien plus faible que les deux précédentes).

Analyse faite le 20 septembre 2014.   Le séisme de magnitude 2,9 du 19 septembre à la mi-journée a été bien ressenti localement, en particulier à La Condamine, où l'effet semble avoir été plus important que pour le séisme du 12 septembre, qui avait pourtant une magnitude un peu supérieure (3,1). Ce séisme du 19 septembre, avec un épicentre situé à 1 700 m au nord-ouest de l'épicentre du 7 avril (voir le disque brun sur la carte ci-contre), est la plus forte magnitude à s'être manifestée sur le flanc nord du massif du Parpaillon, donc dans les Hautes-Alpes. Crévoux est cette fois la localité la plus proche (moins de 6 km).

Le séisme du 19 septembre, avec un foyer à 10 km de profondeur, s'est produit dans une petite lacune sismique séparant l'essaim principal 2012-2014 d'un sous-essaim apparu dès le 8 avril 2014, quelques heures après le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril. Son « mécanisme au foyer » est sensiblement différent des mécanismes caractérisant habituellement l'essaim. Il s'agit d'un mécanisme d'extension presque pure dans une direction nord-nord-ouest–sud-sud-est, impliquant une faille perpendiculaire à l'essaim principal. C'est peut-être en raison de cette particularité qu'il a été ressenti différemment des autres séismes de la crise.

Le jeu occasionnel d'accidents transverses complexifie le déroulement de l'essaim 2012-2014 en lui donnant en carte une largeur est–ouest de l'ordre de 6 km. L'essaim 2003-2004 (en blanc sur la carte ci-contre) avait une géométrie beaucoup plus simple.

Depuis avril 2014, environ 5 500 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute). Près de 3 000 séismes ont été localisés depuis avril 2014. Environ 2 500 ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres rouges). Depuis 2012, on estime qu'environ 150 séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis.

Après une légère recrudescence de la mi-juillet à la mi-août, l'activité a sensiblement décru ces dernières semaines (du 15 au 25 août, par exemple, on ne détectait plus qu'une dizaine de secousses par jour, un niveau de sismicité que l'on n'avait pas observé depuis avril). Malgré la survenue de deux séismes de magnitude voisine de 3 en moins d'une semaine à la mi-septembre, l'activité est globablement à la baisse. Ainsi, on a relevé 11 séismes de magnitude supérieure ou égale à 2 en avril, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 3 probablement en septembre.

Mais cela ne signifie pas que la crise est terminée. Au vu de l'histogramme, il est même très improbable que l'activité s'arrête rapidement. Il faut s'attendre au contraire à ce qu'elle se poursuive dans les prochains mois et même sur la plus grande partie de l'année prochaine. Outre les très faibles magnitudes (-0,5 à 2) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement, probablement en s'espaçant dans le temps : magnitude 2 à 3 (quasi certitude), 3 à 4 (encore possible), voire supérieure à 4 (mais cette éventualité, si on ne peut l'écarter, présente une probabilité bien plus faible que les deux précédentes).

Analyse faite le 17 septembre 2014.   Le dernier séisme ressenti s'est produit le 12 septembre à 23 h 27 (heure légale). Son épicentre était situé à 1 100 m au sud-est de l'épicentre du séisme du 7 avril. Depuis avril 2014, les foyers des séismes de magnitude supérieure à 3 sont relativement profonds (10 à 11 km), ce qui minimise leurs effets en surface. Les choses étaient un peu différentes en 2012-2013, où les séismes de magnitude supérieure à 3 étaient plutôt situés entre 7 et 9 km de profondeur.

Le séisme du 12 septembre est dans l'alignement général de direction N155°E déjà mis en évidence. Il ne semble pas être lié à un accident transverse de direction SW–NE. Son mécanisme fait toujours intervenir le plan d'orientation N155°E, mais avec une composante de décrochement (coulissage horizontal) plus marquée.

Notre décompte est maintenant définitif. Depuis avril 2014, environ 5 500 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate. 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute). Près de 3 000 séismes ont été localisés depuis avril 2014. Environ 2 500 ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres rouges). Depuis 2012, on estime qu'environ 150 séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis.

Après une légère recrudescence de la mi-juillet à la mi-août, l'activité a sensiblement décru ces dernières semaines (du 15 au 25 août, par exemple, on ne détectait plus qu'une dizaine de secousses par jour, un niveau de sismicité que l'on n'avait pas observé depuis avril). D'une façon générale, les séismes de magnitude supérieure à 2 se font aussi plus rares : 11 en avril, 5 en mai, 3 en juin, 3 en juillet, 2 en août, 1 ou 2 probablement en septembre.

Mais cela ne signifie pas que la crise est terminée. Au vu de l'histogramme, il est même très improbable que l'activité s'arrête rapidement. Il faut s'attendre au contraire à ce qu'elle se poursuive dans les prochains mois et même sur la plus grande partie de l'année prochaine. Outre les très faibles magnitudes (-0,5 à 2) quotidiennement observées, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire sporadiquement, probablement en s'espaçant dans le temps : magnitude 2 à 3 (quasi certitude), 3 à 4 (encore possible), voire supérieure à 4 (mais cette éventualité, si on ne peut l'écarter, présente une probabilité bien plus faible que les deux précédentes).

Analyse faite le 8 août 2014.  

À la différence de ce qui avait été fait jusqu'à présent, on a procédé à une relocalisation conjointe des 4 816 séismes localisés depuis 2012, ce qui permet de mieux positionner les deux chocs principaux l'un par rapport à l'autre. Finalement, ces deux épicentres sont très proches, l'épicentre du séisme de 2014 étant à moins de 400 m au sud de l'épicentre du séisme de 2012. Une différence subsiste au niveau de leurs foyers : 8,8 km de profondeur pour 2012, contre 9,9 km de profondeur pour 2014. Les deux essaims rose (2012-01-01 à 2014-04-06) et rouge (2014-04-07 à actuel) sont en fait pratiquement superposés.

Durant la première quinzaine de juin, l'activité a continué à prolonger l'essaim vers le nord-ouest dans le département des Hautes-Alpes, mais la carte fait apparaître des lacunes dans cet alignement. Celles-ci pourraient être le siège préférentiel de futurs séismes. Cette période est en cours de retraitement et notre prochaine analyse précisera les choses si besoin est. Au total, l'alignement de l'essaim atteint une dizaine de kilomètres. En s'appuyant sur son prolongement qui permet de mieux définir son orientation, on trouve pour celle-ci un azimut de 155° qui correspond à ce que l'on peut déterminer en utilisant le mécanisme au foyer (voir plus haut dans la page).

Le dernier séisme ressenti, dans la nuit du 7 au 8 août, n'est pas localisé sur l'essaim principal, mais plus au sud-ouest, sur ce qui semble être un accident transverse (de direction SW–NE). L'avenir dira si cet accident est vraiment significatif.

La crise actuelle est donc loin d'être terminée, et il faut donc s'attendre à ce qu'elle se prolonge encore plusieurs mois. Outre les très faibles magnitudes (-0,5 à 2) observées presque quotidiennement, des secousses de magnitude suffisante pour être ressenties vont continuer à se produire : magnitude 2 à 3 (quasi certitude), 3 à 4 (probable), voire supérieure à 4.

Une analyse des profondeurs pour les séismes de magnitude supérieure à 2 montre cependant que ces magnitudes se produisent entre 5 et 10 km de profondeur, ce qui minimise les risques. En outre, la zone la plus active reste pour l'instant cantonnée au massif du Parpaillon.

Notre décompte est presque définitif. Depuis début 2012, plus de 11 000 séismes ont été détectés dans la zone d'étude ou à sa proximité immédiate (plus de 5 400 depuis le 7 avril 2014). 455 séismes ont été détectés dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute). Plus de 4 800 séismes ont été localisés depuis 2012 (plus de 2 700 depuis le 7 avril 2014). Près de 2 300 séismes ont été localisés avec précision et figurent sur la carte ci-dessus (épicentres roses et rouges). Depuis 2012, on estime qu'environ 150 séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis.

Analyse faite le 26 mai 2014.   La position relative de l'épicentre du séisme du 7 avril varie un peu vers le sud-est. L'approfondissement du foyer se confirme : 11,2 km par rapport au niveau de la mer, contre 9,2 km pour le foyer du 26 février 2012. Cela peut en partie expliquer pourquoi ce séisme a été ressenti à grande distance.

L'activité se concentre actuellement dans la partie sud de l'essaim. Le sous-essaim situé dans les Hautes-Alpes aux environs de Crévoux a peut-être deux composantes : dans la direction de l'essaim principal et dans une direction conjuguée sud-ouest–nord-est. Il est actuellement inactif.

Compte tenu de ce que l'on sait des caractéristiques de la sismicité de ce secteur de la vallée de l'Ubaye, il est probable que l'activité continue ainsi sporadiquement pendant plusieurs mois, avec des secousses de magnitude 2 (quasi certitude), 3 (probable), voire supérieure à 4.

Depuis le 7 avril 2014 : plus de 4 000 séismes détectés (420 dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute) ; 1 434 séismes localisés ; 876 localisés avec précision (épicentres rouges sur la carte ci-dessus). On estime qu'une cinquantaine de séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis (par quelques rares personnes pour des séismes de magnitude 1,5 ; beaucoup plus largement pour des séismes de magnitude proche de 3).

Analyse faite le 18 mai 2014.   Le séisme du samedi 17 mai à la mi-journée avait une magnitude de 2,9, valeur légèrement supérieure à la magnitude de 2,8 atteinte par le séisme du 14 avril. Une localisation relative positionne son épicentre (en brun sur la carte ci-contre) à 2,5 km à l'ouest de l'épicentre du 7 avril, dans une zone active depuis 2012, réactivée depuis le 7 avril, et qui apparaît sur une carte comme un accident d'orientation sud-ouest–nord-est transverse à celle de l'essaim principal. La profondeur du foyer était de 6 km. Son mécanisme au foyer est un mécanisme de pure faille normale (extension en profondeur entre deux compartiments tectoniques).

Compte tenu de ce que l'on sait des caractéristiques de la sismicité de ce secteur de la vallée de l'Ubaye, il est probable que l'activité continue ainsi sporadiquement pendant plusieurs mois, avec des secousses de magnitude 2 (quasi certitude), 3 (probable), voire supérieure à 4.

Depuis le 7 avril 2014 : plus de 4000 séismes détectés (420 dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, soit un à deux séismes par minute) ; 1434 séismes localisés ; 876 localisés avec précision (épicentres rouges sur la carte ci-dessus). On estime qu'une cinquantaine de séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis (par quelques rares personnes pour des séismes de magnitude 1,5 ; beaucoup plus largement pour des séismes de magnitude proche de 3).

Analyse faite le 6 mai 2014.   La carte ci-contre montre en blanc l'essaim de séismes de 2003-2004 ; en rose l'essaim de 2012-2014 jusqu'au 6 avril 2014 ; en rouge les séismes depuis le 7 avril 2014 ; en rose et en rouge cerclé de blanc : épicentres respectifs des séismes du 26 février 2012 et du 7 avril 2014 ; en brun : les vingt séismes les plus récents.

Le « mécanisme au foyer » du séisme du 7 avril est maintenant bien déterminé. La faille qui a joué a une orientation N155°E et pend à 58° vers le sud-ouest. Cette faille a fonctionné à la fois en décrochement dextre et en extension. Contrairement à ce que nous disions lors de la dernière analyse, le mécanisme est assez proche de celui de 2012, avec cependant une composante décrochante plus marquée.

C'est la totalité de l'essaim activé en 2012 qui a été réactivé depuis un mois. Le sous-essaim apparu fin 2013 au sud–sud-est de Crévoux est actuellement inactif. En revanche, celui apparu dernièrement à l'est–sud-est de Crévoux se renforce, avec toujours une « lacune sismique » de quelques kilomètres le séparant de l'essaim principal, plus au sud-est.

Le scénario le plus probable est que l'activité sismique se poursuive plusieurs semaines ou plusieurs mois dans tout ce secteur, avec des magnitudes pouvant éventuellement atteindre 3 ou 4, donc plus fortes que celles qui se sont produites depuis un mois. Le « facteur b » de Gutenberg-Richter, qui caractérise dans une population de séismes la proportion plus ou moins importante de séismes de faible magnitude par rapport aux fortes magnitudes, est revenu à la valeur qu'il avait début avril 2014, ce qui semblerait indiquer un retour à la normale. (En mars 2012 cependant, de telles chutes rapides du facteur b avaient été suivies de reprises de l'activité.)

Deux autres scénarios seraient : l'occurrence d'un séisme de magnitude supérieure à 4 dans les Hautes-Alpes, au niveau de la lacune sismique précédemment mentionnée (et éventuellement au-delà vers le nord-ouest) ; ou l'occurrence d'un séisme de magnitude 4 à 5 sur la baïonnette décalant les deux essaims de 2003-2004 et de 2012-2014.

Analyse faite le 23 avril 2014.   La carte ci-contre montre en blanc l'essaim de séismes de 2003-2004 ; en rose l'essaim de 2012-2014 jusqu'au 6 avril 2014 ; en rouge les séismes depuis le 7 avril 2014 ; en rose et en rouge cerclé de blanc : épicentres respectifs des séismes du 26 février 2012 et du 7 avril 2014 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les deux stations sismologiques permanentes les plus proches (Crévoux et Jausiers).

La carte a été recentrée sur l'épicentre du séisme du 7 avril 2014 car de l'activité apparaît maintenant dans le secteur de Crévoux. Les localisations ont été révisées, notamment en intégrant de nombreux séismes qui n'avaient pu être analysés jusque là. Il est probable qu'avec l'ajout d'autres données non encore traitées les localisations changent encore un peu. L'activité continue à se limiter à la géométrie de l'essaim de 2012-2014, et s'apparente ainsi plus à une réactivation de l'essaim qu'à de véritables répliques.

L'autre essaim au sud-est de Crévoux (Hautes-Alpes) semble moins actif ces derniers jours. Lors de l'essaim de 2003-2004, de tels sous-essaims étaient également apparus, quoique beaucoup plus tardivement dans le déroulement de la crise. Comme cela s'était avéré pour ceux-ci, ce sous-essaim de Crévoux ne présente probablement aucune dangerosité particulière. Il faut cependant noter qu'il est dans l'alignement de l'essaim de 2014 et qu'il existe entre les deux une « lacune » de 2 à 3 km de long qui pourrait un jour être le siège d'un séisme plus important.

Étant donné l'orientation NNW–SSE de l'essaim de 2014, il est maintenant quasiment certain que c'est une faille d'orientation N156 pendant à 61° vers le sud-ouest qui est responsable du séisme du 7 avril 2014. Cette faille, qui a affecté un secteur situé un peu plus à l'est que le secteur de l'essaim 2012-2014, a fonctionné essentiellement en décrochement dextre, avec une composante d'extension. Le mécanisme est donc notablement différent du séisme de 2012.

Le scénario le plus probable est que l'activité sismique se poursuive plusieurs semaines ou plusieurs mois dans tout ce secteur, avec des magnitudes pouvant atteindre 3 ou 4, donc éventuellement plus fortes que celles qui se sont produites ces 15 derniers jours.

Notre décompte est toujours provisoire, en raison de l'activité observée. Il devrait être définitif d'ici une dizaine de jours. Depuis le 7 avril 2014, c'est-à-dire il y a un mois : 2 567 séismes détectés (dont 433 dans la seule journée du 8 avril) ; 936 séismes localisés ; 500 localisés avec précision (épicentres rouges sur la carte ci-dessus . On estime qu'une quarantaine de séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis (par quelques rares personnes pour des séismes de magnitude 1,5 ; beaucoup plus largement pour des séismes de magnitude proche de 3).

Suite au séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014, la magnitude maximale des répliques n'a pas dépassé 2,8, ce qui est très différent de ce qui a été observé en 2012 à la suite du séisme de magnitude 4,3.

Analyse faite le 12 avril 2014.   Suite au séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014 au soir, les répliques, bien que nombreuses (le 8 avril, 228 séismes ont été détectés), sont restées de magnitude inférieure à 2,1, ce qui est très surprenant. Elles restent limitées à la géométrie de l'essaim de 2012-2014, et s'apparentent ainsi plus à une réactivation de l'essaim qu'à de véritables répliques.

Un fait nouveau est l'apparition d'un autre essaim au sud-est de Crévoux (Hautes-Alpes), dans le coin supérieur gauche de la carte (comparez avec les cartes précédentes dans les archives ci-dessous). Cet essaim est dans l'alignement de l'essaim principal, avec entre les deux une zone de 2 à 3 km qui est restée pour l'instant inactive. Lors de l'essaim de 2003-2004, de tels sous-essaims étaient également apparus (voir par exemple le petit sous-essaim blanc à 1,5 km au nord-est de La Condamine)

Le scénario le plus probable est que l'activité sismique se poursuive plusieurs semaines ou plusieurs mois dans tout ce secteur, avec des magnitudes pouvant atteindre 3 ou 4.

Analyse faite le 8 avril 2014.   Sur la carte ci-contre, les épicentres des séismes du 26 février 2012 (en dessous) et du 7 avril 2014 (au dessus) sont figurés en rouge cerclé de blanc.

Le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014 au soir avait son foyer (44°29,6'N - 6°39,8'E - 8,5 km de profondeur par rapport au niveau de la mer) situé au même endroit que le séisme de magnitude 4,3 du 26 février 2012 (44°29,7'N - 6°39,7'E - 8,8 km de profondeur).

En moyenne, c'est tous les 15 à 20 ans qu'un séisme atteint la magnitude 4,8 dans le grand quart sud-est de la France. Le dernier événement de magnitude équivalente était le séisme d'Annecy, en 1996, qui avait fait l'équivalent de 60 millions d'euros de dégâts. En raison de sa magnitude, le séisme de cette nuit risque de générer des répliques et de réactiver les essaims actuels et passés. De nombreuses répliques se sont d'ores et déjà produites et continuent à se produire à l'heure où ce texte est rédigé. Jusqu'à présent, 3 répliques ont atteint ou légèrement dépassé la magnitude 2 : le 8 avril à 2 h 25, 14 h 57 et 15 h 35. Ces répliques, jointes à une éventuelle activité de type essaim, vont se poursuivre pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. On ne peut exclure l'occurrence de répliques de magnitude 3, voire 4.

Analyse faite le 7 janvier 2014.   Le samedi 21 décembre s'est produit un séisme de magnitude 3,1 qui a été fortement ressenti dans la vallée de l'Ubaye (La Condamine, St-Paul et Jausiers). Il s'agit du plus important séisme depuis le séisme de M 3,4 du dimanche 25 mars 2012. Son épicentre se trouvait situé à l'extrémité sud-est de l'essaim. Alors qu'à la mi-décembre 2013 l'activité était concentrée plus au nord-ouest sur la zone épicentrale du séisme du 26 février 2012, elle concerne depuis le 21 décembre presque exclusivement l'extrémité sud-est de l'essaim, là  où s'est produit le séisme de M 3,1. La profondeur du foyer de ce séisme était de 5 km (contre 9 km pour le séisme du 26 février 2012). Cette profondeur moindre jointe à un épicentre plus proche de la vallée de l'Ubaye explique que le séisme y a été particulièrement bien ressenti.

Comme déjà noté lors de nos précédentes analyses, cette extrémité sud-est de l'essaim 2012-2013 est très proche de l'essaim 2003-2004. Il existe à  cet endroit entre les deux essaims une zone qui est restée anormalement peu active (lacune sismique) et où pourrait se produire un séisme plus important. Cette zone est située approximativement par 44°28'N. et 6°42'E., à environ 3 km à l'ouest de La Condamine. Cette lacune n'excède pas 2 à 3 km de long ; il est peu probable (sans que l'on puisse en être vraiment certain) qu'un séisme de magnitude supérieure à  4 s'y produise.

L'extrémité nord-ouest de l'essaim (sous le massif du Parpaillon) est actuellement inactive. La migration de l'activité en direction des Hautes-Alpes semble donc à  écarter pour le moment. Il est cependant possible que cette activité reprenne dans ce secteur, dans les mois ou les années qui viennent. On note par ailleurs, en bordure ouest de la carte, l'apparition d'un sous-essaim qui s'est activé en novembre/décembre. Le secteur corespond à la haute vallée des Vachères, à  l'est des Orres (Hautes-Alpes). Bien que les magnitudes enregistrées restent très faibles (<1), ce sous-essaim n'est situé qu'à  3 km de distance de l'essaim principal. Il est donc à surveiller car il existe peut-être un lien entre les deux.

Après un mois de juin atypique car il présentait un niveau de sismicité très proche de celui de janvier 2012 (avant l'apparition de l'essaim) tout en produisant un séisme de magnitude supérieure à 2, les mois de juillet et août ont été particulièrement calmes. L'activité a repris progressivement de septembre à novembre, pour atteindre un pic le 21 décembre 2013, avec plus de 40 séismes détectés ce jour-là. Cela ne s'était pas produit depuis juin 2012. Le séisme de M 3,1 du 21 décembre 2013 est le plus gros séisme du secteur depuis le séisme de M 3,4 du 25 mars 2012.

Analyse faite le 7 octobre 2013.   Depuis notre dernière analyse (février 2013), l'activité, bien que nettement moindre qu'en 2012, n'a pas vraiment cessé. Elle a en particulier repris fin septembre, avec un niveau élevé (une trentaine de séismes dans la journée du 25 septembre 2013) qui n'avait pas été atteint depuis août 2012. Cette activité a cependant aussitôt rapidement chuté.

La zone actuellement active dans l'essaim est sa bordure nord-ouest qui s'est longtemps calquée sur la ligne de crête du Parpaillon (disques noirs sur la carte) en donnant l'impression d'une barrière au travers de laquelle le coulissage des failles situées en profondeur ne pouvait s'effectuer. Or, les derniers séismes de septembre (dont le séisme de M=2,2 du 16 septembre, le plus important depuis novembre 2012) débordent maintenant très nettement sur les Hautes-Alpes en se rapprochant de Crévoux.

L'absence d'interaction jusqu'à présent entre les deux essaims (celui de 2003–2004 et celui de 2012–2013) est également troublante. La zone située juste à l'ouest de La Condamine, où l'on pouvait s'attendre à une activité entre les deux essaims rouges et blancs, ne semble pas vouloir l'autoriser, du moins pour l'instant.

Étant donné la baisse générale de l'activité sismique, les deux stations temporaires installées en mars 2012 à Saint-Paul-sur-Ubaye (Tournoux) et à La Condamine (Sainte-Anne) ont été retirées en avril 2013.

En 19 mois, c'est plus de 4 700 séismes qui ont été détectés dans ce secteur de Jausiers-Crévoux. Plus de 250 d'entre eux ont été potentiellement ressentis par la population. On a pu localiser et calculer la magnitude de plus de 2 000 séismes ; près de 1 400 ont pu être localisés avec précision pour fournir la carte ci-dessus. 266 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1 ; 36 la magnitude 2 ; 6 la magnitude 3 ; 1 la magnitude 4.

Il est impossible de prévoir l'évolution de la crise qui n'est pas un essaim de séismes classique prenant naissance, se mettant en place puis disparaissant. Nous sommes en présence d'un phénomène plus complexe d'un essaim initié par un séisme de relativement forte magnitude. Le plus vraisemblable est que la crise perdure encore un peu, avec la production de temps à autre de séismes de M 2. Mais on ne peut exclure, même si la probabilité est très faible, qu'un séisme plus important (M 3, 4 ou plus) ne se produise.

Analyse faite le 19 février 2013.   L'activité a légèrement repris au cours du mois de février. Le nord de l'essaim, à proximité immédiate du foyer du séisme du 26 février 2012, a été réactivé en deux endroits (voir les deux sous-essaims noirs sur la carte). C'est dans le sous-essaim du nord que s'est produit le 11 février dans la nuit le dernier séisme de magnitude supérieure à 2, ressenti par quelques personnes dans la vallée de l'Ubaye et dans le secteur des Orres (information recueillie par le Bureau central sismologique français). L'extrémité sud de l'essaim continue à être faiblement active.

L'absence d'interaction jusqu'à présent entre les deux essaims (celui de 2003–2004 et celui de 2012) est particulièrement troublante. Une autre anomalie est la terminaison abrupte de l'essaim actuel dans la partie nord, où il est pratiquement coupé au couteau au niveau de la limite de département Alpes-de-Hautes-Provence—Hautes-Alpes. C'est une caractéristique que l'on ne retrouve pas pour les deux extrémités de l'essaim de 2003–2004.

En près d'un an, c'est près de 4 300 séismes qui ont été détectés dans le secteur de La Condamine. Environ 250 d'entre eux ont été potentiellement ressentis par la population. On a pu localiser et calculer la magnitude de près de 1 900 séismes ; près de 1 300 ont pu être localisés avec précision pour fournir la carte ci-dessus. 248 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1 ; 33 la magnitude 2 ; 6 la magnitude 3 ; 1 la magnitude 4.

Le facteur b de Gutenberg-Richter se maintient à des valeurs de l'ordre de 0,9—1,0, ce qui laisse penser que l'essaim est en train de s'éteindre. Cependant, les lacunes sismiques évoquées ci-dessus incitent à la prudence dans notre analyse.

Analyse faite le 24 janvier 2013.   Depuis notre dernière analyse datée de novembre, l'activité a nettement décru et un retour à la normale semble proche. Depuis début novembre, le plus important séisme a atteint la magnitude 2,1 le 25 décembre. Il s'est produit dans la partie sud de l'essaim (disque noir de plus grande taille sur la carte).

D'une manière générale, c'est l'extrémité sud-est de l'essaim qui continue a être la plus active. On notera que la petite lacune sismique que nous avions signalée à cette extrémité sud-est s'est partiellement comblée. Elle subsiste malgré tout sur une largeur de quelques centaines de mètres. L'autre lacune située à l'ouest du hameau de Sainte-Anne et qui sépare l'essaim de 2003–2004 de l'essaim de 2012 ne montre pas d'activité particulière.

En près de onze mois, c'est plus de 4 200 séismes qui ont été détectés dans le secteur de La Condamine. Environ 250 d'entre eux ont été potentiellement ressentis par la population. On a pu localiser et calculer la magnitude de près de 1 850 séismes ; plus de 1 250 ont pu être localisés avec précision pour fournir la carte ci-dessus. 256 séismes ont atteint ou dépassé la magnitude 1 ; 32 la magnitude 2 ; 6 la magnitude 3 ; 1 la magnitude 4.

Le facteur b de Gutenberg-Richter se maintient à des valeurs de 1,0—1,1, ce qui laisse penser que l'essaim est en train de s'éteindre. Cependant, les lacunes sismiques évoquées ci-dessus incitent à la prudence dans notre analyse.

L'absence d'interaction jusqu'à présent entre les deux essaims (celui de 2003–2004 et celui de 2012) est particulièrement troublante. Une autre anomalie est la terminaison abrupte de l'essaim actuel dans la partie nord, où il est pratiquement coupé au couteau au niveau de la limite de département Alpes-de-Hautes-Provence—Hautes-Alpes. C'est une caractéristique que l'on ne retrouve pas pour les deux extrémités de l'essaim de 2003–2004.

Analyse faite le 19 novembre 2012.   Notre dernière analyse du 2 novembre n'excluait pas que surviennent encore des séismes de magnitude comprise entre 2 et 3. Le séisme de magnitude 2,6 qui s'est produit dans la soirée du 2 novembre est le séisme de plus forte magnitude depuis fin mars (M=2,7 le 26 mars).

Son épicentre est situé à l'extrémité sud-est de l'essaim : pour la première fois, un séisme de magnitude supérieure à 2 s'est produit au sud de la latitude 44°28'N. Ce secteur, où nous avions déjà signalé une activité en septembre, se trouve séparé par quelques centaines de mètres du reste de l'essaim. Il est possible que cette petite lacune sismique se comble dans les prochaines semaines, comme il est aussi possible que le présent essaim rejoigne l'essaim de 2003–2004 à la faveur d'une autre lacune sismique située à l'ouest du hameau de Sainte-Anne.

En près de neuf mois, c'est plus de 4 000 séismes qui ont été détectés dans le secteur de La Condamine. Environ 250 d'entre eux ont été potentiellement ressentis par la population. On a pu localiser et calculer la magnitude de près de 1 800 séismes ; plus de 1 200 ont pu être localisés avec précision pour fournir la carte ci-dessus.

Pour la première fois depuis plusieurs mois, le facteur b de Gutenberg-Richter est redescendu sous la barre de 1,1, ce qui peut laisser penser que l'activité de l'essaim commence à décroître. Cependant, les lacunes sismiques évoquées ci-dessus incitent à la prudence, et des magnitudes supérieures à 2 ou même 3 semblent encore possibles dans les semaines qui viennent.

Analyse faite le 2 novembre 2012.   L'ensemble de l'essaim reste faiblement actif, avec une concentration d'une partie de l'activité à environ 1 km au sud de l'épicentre du séisme du 26 février.

En huit mois, c'est près de 4 000 séismes qui ont été détectés dans le secteur de La Condamine. Près de 250 d'entre eux ont été potentiellement ressentis par la population. L'accalmie déjà notée en septembre s'est poursuivie en octobre, malgré un séisme de magnitude 2,0 au milieu du mois, la plus forte magnitude depuis début août.

Le facteur b de Gutenberg-Richter se maintient toujours à des valeurs de l'ordre de 1,2–1,3. Si, comme nous le pensons, cette valeur plus élevée que la normale (b=1) est caractéristique d'une activité de type « essaim », cela signifie qu'on ne peut considérer la crise comme terminée, et des séismes de magnitude 2 à 3 sont toujours possibles dans les semaines qui viennent.

Analyse faite le 21 septembre 2012.   C'est la partie sud de l'essaim (au sud de l'épicentre du séisme de magnitude 4,3 du 26 février) qui est actuellement active. Pour la première fois, l'épicentre d'un séisme de magnitude 1,5 a été localisé, le 13 septembre, au sud du parallèle 44°28'N qui marque depuis plusieurs mois l'extrémité sud de l'essaim. Cet épicentre (disque noir isolé, sur la carte ci-contre) se trouve dans l'axe de l'essaim. Il peut s'agir d'un événement décorrélé de l'essaim, comme on en observe de temps en temps dans la région (voir les autres épicentres rouges « hors essaim » sur la carte) ; il peut aussi être l'indication d'une activité prochaine de l'essaim dans ce secteur de l'Arpillon, un sommet qui domine Sainte-Anne–la-Condamine à l'ouest.

Analyse faite le 16 août 2012.   Le séisme de magnitude 2,4 du 11 août (la plus forte magnitude depuis le séisme de magnitude 2,5 du 30 mai) avait son épicentre proche de l'extrémité sud de l'essaim, toujours la plus active.

L'essaim a eu ces derniers jours un nouveau regain d'activité. Cependant, quand on compare l'activité actuelle à celle du mois de mars, il y a indéniablement une tendance à l'accalmie. Des séismes de magnitude pouvant atteindre ou dépasser 2 ou 3 sont toujours possibles dans les semaines qui viennent, la crise n'étant pas terminée. Le facteur b de Gutenberg-Richter, qui semblait encore la semaine dernière redescendre vers des valeurs proches de 1,0 se maintient à une valeur de 1,2 (plus élevée que la normale et caractéristique d'une activité de type « essaim »).

Analyse faite le 10 août 2012.   C'est toujours l'extrémité sud de l'essaim qui est la plus active : cette zone, proche de la Cabane de Bérard, correspond au Grand Clausis, un massif situé entre la vallée du Bérard (un affluent de la rive droite du Parpaillon) et la haute vallée du Parpaillon. La commune concernée est toujours celle de La Condamine-Châtelard. La localité la plus proche est la station de Sainte-Anne–La-Condamine, 4 km plus à l'est.

Bilan de 5 mois et demi de sismicité : 3 452 séismes détectés ; 1 574 localisés ; 1 095 relocalisés avec précision sur la carte ci-dessus. On recense 216 séismes de M>1 ; 26 de M>2 ; 6 de M>3 ; 1 de M>4. La très grande majorité des séismes détectés et localisés sont de magnitude inférieure à 1.

L'essaim a eu un petit regain d'activité fin juillet–début août, mais avec des magnitudes qui n'ont pas dépassé la valeur de 2. Le facteur b de Gutenberg-Richter revient progressivement à la valeur de 1,0 (valeur considérée comme proche de la normale dans les Alpes occidentales).

Analyse faite le 26 juillet 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine  ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

C'est toujours l'extrémité sud de l'essaim qui est la plus active : le séisme du 13 juillet au matin (M 2,3) avait ainsi son épicentre dans ce secteur. Des 26 séismes de magnitude supérieure à 2 qui se sont produits depuis février, cet épicentre est situé le plus au sud, proche de la latitude 44°28'N. Cette progression de l'activité vers le sud reste cependant infime : un peu plus d'un kilomètre en 5 mois...

Bilan de 5 mois de sismicité : 3 353 séismes détectés ; 1 537 localisés ; 1 068 relocalisés avec précision sur la carte ci-dessus. On recense 207 séismes de M>1 ; 26 de M>2 ; 6 de M>3 ; 1 de M>4. La très grande majorité des séismes détectés et localisés sont de magnitude inférieure à 1.

Après un regain d'activité à la mi-juin, l'essaim a été particulièrement calme au mois de juillet, avec même deux jours (les 9 et 23 juillet) sans aucune secousse détectée, ce qui ne s'était pas produit depuis le mois de février. Néanmoins, le séisme de M 2,3 du 13 juillet montre que cette accalmie n'est que relative, et l'activité peut reprendre inopinément. C'est ce que semble suggérer la valeur anormalement forte du facteur b de Gutenberg-Richter (1,2 actuellement, contre 0,6 au début de la crise).

Analyse faite le 8 juin 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine  ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

Reprise de l'activité fin mai, la plus forte depuis fin mars : en 10 jours, 300 séismes ont été détectés. Les épicentres se concentrent désormais sur le nord et le centre de l'essaim. Deux séismes de magnitude 2,5 se sont produits les 26 et 30 mai. Ce sont les plus forts événements depuis le 20 avril. Bien que l'activité se soit ensuite calmée, d'autres séismes peuvent survenir dans cette gamme de magnitude (entre 2 et 3) dans les semaines à venir.

Analyse faite le 16 mai 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine  ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

L'activité est actuellement presque exclusivement concentrée sur l'extrémité sud de l'essaim, avec une très légère progression vers le sud. Bien que la tendance générale soit à l'accalmie, on est loin d'être revenu au niveau de sismicité qui prévalait en février avant le début de la crise. Des séismes de magnitude comprise entre 2 et 3 sont probables dans les semaines qui viennent ; il n'est pas exclu que surviennent encore des séismes de magnitude supérieure (entre 3 et 4).

Analyse faite le 7 mai 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine  ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

L'activité est toujours concentrée sur l'extrémité sud de l'essaim, avec aussi une réactivation de l'extrémité nord. Le nombre de séismes détectés quotidiennement ne diminue pas, avec un pic le 2 mai (une trentaine de séismes détectés) qui constitue le maximum d'activité depuis fin mars.

Depuis fin février, plus de 2 500 séismes ont été détectés dans la zone couverte par la carte ; près de 1 200 ont été localisés ; près de 800 ont fait l'objet d'une localisation de précision reportée sur la carte ci-contre. On recense au total 152 séismes de M>1 ; 22 séismes de M>2 ; 6 séismes de M>3 ; 1 séisme de M>4. Une cinquantaine de ces événements a pu être ressentie localement par la population.

Analyse faite le 27 avril 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

L'activité est actuellement concentrée sur l'extrémité sud de l'essaim, le long d'un alignement sud-ouest–nord-est qui correspond peut-être à une « faille conjuguée » de l'alignement d'ensemble de l'essaim.

Bien que les derniers jours aient été particulièrement calmes, d'autres séismes de magnitude 2 à 3 peuvent encore se produire dans les jours qui viennent.

Analyse faite le 20 avril 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

Parmi les séismes de magnitude supérieure à 2 qui se sont produits au cours de la crise sismique, le séisme de magnitude 2,6 du 20 avril au matin est celui qui a son épicentre le plus au sud (plus gros disque noir), démontrant ainsi que l'activité progresse très lentement dans la direction de Jausiers et de Barcelonnette. Dans le même temps, l'activité de ces cinq derniers jours fait à nouveau clairement apparaître, dans le nord de l'essaim, une direction SW–NE que l'on avait déjà signalée au mois de mars (alignement de petits disques noirs). À cet égard, la carte actuelle est presque identique à celle datée du 25 mars (voir ci-dessus).

Depuis début avril, l'activité était globalement ralentie, mais de tout petits séismes continuaient à être détectés, montrant que le retour à la normale n'était toujours pas atteint. Le « paramètre b » de Gutenberg et Richter continue à augmenter, signe d'un renouveau d'une activité de type essaim.

Analyse faite le 11 avril 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine  ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

L'activité s'est considérablement ralentie depuis début avril, avec seulement 5 à 15 séismes détectés chaque jour. Depuis le 3 avril, le plus fort séisme n'a atteint que la magnitude 1,9 (le 10 avril au soir). Il était situé dans la partie sud de l'essaim. Tout laisse donc penser que la crise est en voie d'extinction. Cependant, l'analyse des variations temporelles du « paramètre b de Gutenberg et Richter », normalement voisin de 1 en Ubaye comme en beaucoup d'endroits dans le monde, montre que celui-ci ne s'est pas encore stabilisé. Une activité sporadique (séismes de magnitude 2 à 3) semble encore possible dans le courant du mois d'avril.

Depuis fin février, près de 2 300 séismes ont été détectés dans la zone couverte par la carte ; plus de 1 000 ont été localisés ; près de 700 ont fait l'objet d'une localisation de précision reportée sur la carte. On a recensé 125 séismes de M>1 ; 19 séismes de M>2 ; 6 séismes de M>3 ; 1 séisme de M>4. La journée la plus active a été celle du 27 février, avec 223 séismes détectés. Le 26 février, au cours des 82 minutes qui ont suivi le séisme de magnitude 4,3, on a recensé 124 séismes, soit plus d'un par minute.

Analyse faite le 3 avril 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

Le séisme de de magnitude 2,4 qui s'est produit le 3 avril au matin avait son épicentre dans la partie nord de l'essaim. Même si, depuis fin mars, on a l'impression d'une activité moindre, on recense encore quotidiennement plusieurs dizaines de séismes, dont seulement la moitié est localisable. On n'est donc pas revenu au régime habituel de la période précédant la crise, où seuls un ou deux séismes étaient détectés chaque jour.

Analyse faite le 27 mars 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : les vingt séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Les triangles bleus sont les quatre stations sismologiques les plus proches.

À la différence du séisme de de magnitude 3,4 qui s'était produit le dimanche 25 mars au matin au sud-est de l'essaim, le séisme de magnitude 2,7 du 26 mars au soir (plus gros disque noir sur la carte) s'est produit à l'extrémité nord-ouest, pratiquement au même endroit que le séisme de magnitude 4,3 qui avait initié l'essaim fin février (disque rouge bordé de blanc sur la carte). Il semble que l'essaim ne puisse étendre son activité — dans son alignement principal d'orientation N160°E — ni vers le nord-ouest, ni vers le sud-est. La sismicité se concentre donc actuellement sur les extrémités de l'essaim en faisant probablement jouer des failles dites « conjuguées » d'orientation SW-NE qui fonctionnent en « décrochement » (coulissage horizontal). C'est en tout cas très net pour l'extrémité nord de l'essaim où un alignement SW-NE a pu être mis en évidence.

L'activité de type « essaim » suspectée au début de la crise est maintenant avérée. Le plus vraisemblable est qu'elle se poursuive plusieurs semaines, voire plusieurs mois. À nouveau, pour des séismes de magnitude maximale de l'ordre de 3 à 4, avec des foyers vers 10 km de profondeur en pleine montagne, cette activité — pour désagréable qu'elle puisse être lorsque ces secousses sont ressenties — ne présente pas une réelle dangerosité. Il n'en serait peut-être pas de même si l'essaim parvenait à rompre l'une ou l'autre de ses zones de blocage et permettre la progression de la zone active soit vers le nord-ouest (Hautes-Alpes), soit vers le sud-est (La Condamine-Châtelard). Rien ne permet cependant de prévoir un tel scénario.

Analyse faite le 25 mars 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine (alignement d'orientation NW–SE au centre de la carte) ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude.

Le séisme de magnitude 3,4 qui s'est produit le dimanche 25 mars au matin a son épicentre à un peu plus de 2 km au sud-est de l'épicentre du séisme de magnitude 4,3 (en rouge bordé de blanc sur la carte). Ce nouveau séisme s'est donc produit dans la vallée du Parpaillon, un peu plus près de La Condamine-Châtelard que les précédents.

Le présent essaim semble plutôt caractérisé par des secousses avec des magnitudes maximales de l'ordre de 3 à 4. C'est un degré de magnitude au-dessus de ce qui se passait lors de l'essaim de 2003–2004. Il est possible que surviennent à nouveau des séismes de magnitude supérieure à 2 ou 3 dans les semaines et mois à venir.

Analyse faite le 22 mars 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine (alignement d'orientation NW–SE au centre de la carte) ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude.

La géométrie de l'essaim 2012, en forme de parallélogramme sur la carte, est très différente de celle de l'essaim 2003–2004 : longueur moindre, largeur plus importante, probablement liée à une complexification du faillage en profondeur. Surtout, les limites nord et sud de l'actuel essaim sont presque coupées au couteau, mettant ainsi en évidence des zones n'autorisant pas la propagation de la rupture. Depuis une semaine, aucun séisme n'a atteint la magnitude 2, l'activité étant surtout constituée de séismes de très faible magnitude (souvent inférieure à 1). Au 22 mars 2012, on recense 99 séismes de M>1, 15 de M>2, 5 de M>3.

Comme signalé lors de la précédente analyse, l'activité se concentre plutôt sur l'extrémité nord-ouest de l'essaim, faisant peut-être apparaître une nouvelle direction de fracturation orientée SW–NE. C'est en tout cas ce que montre l'alignement des séismes les plus récents (en noir sur la carte), qui passe par l'épicentre du séisme de magnitude 4,3 (cerclé en blanc sur la carte).

Bien que l'activité ait sensiblement décrû depuis fin février, il est encore possible que surviennent à nouveau des séismes de magnitude supérieure à 2 ou 3. L'essaim de 2003–2004 était ainsi caractérisé par une longue succession de périodes calmes et actives. Et le taux de sismicité relevé ces derniers jours, avec une vingtaine de séismes détectés quotidiennement, montre que le retour à la normale est loin d'être atteint.

Analyse faite le 15 mars 2012.   La carte ci-contre montre en blanc la sismicité instrumentale des années 2003–2004, avec l'« essaim de séismes » de La Condamine (alignement d'orientation NW–SE au centre de la carte)* ; en rouge : séismes 2012 ; en noir : séismes les plus récents. La taille des symboles est directement proportionnelle à la magnitude. Cette carte présente des localisations « par double différence », normalement de meilleure qualité que les localisations standard dites « absolues .

Après le choc principal du 26 février, un peu plus de 500 séismes, de magnitude comprise entre –0,6 et 3,6 ont pu être localisés, sur les quelque 1 000 détectés. Au 15 mars 2012, on recense 84 séismes de M>1, 15 de M>2, 5 de M>3. Des témoignages spontanés semblent indiquer que les séismes de magnitude 1,6 sont ressentis par quelques personnes. C'est pourquoi nous pensons qu'une trentaine de séismes ont pu être ressentis au cours des 20 derniers jours.

L'essaim de séismes actuel semble plutôt orienté N160°E (une direction correspondant à celle d'un des plans nodaux du séisme principal). Bien que l'essaim se trouve dans le prolongement NW de l'essaim de 2003–2004, celui-ci, dans sa partie nord-ouest, a plutôt une orientation N135°E. La profondeur moyenne des foyers est de 7 km, les séismes de plus forte magnitude étant situés un peu plus en profondeur (8 km).

L'activité a très légèrement migré entre le 26 février et le 2 mars : le séisme principal est situé vers la Grande Combe ; les deux séismes du 27 février un peu plus au sud-est, le séisme du 2 mars encore plus au sud-est, au Plan de la Malle Haute. Cette « migration » vers le sud-est semble s'être interrompue, et l'activité se concentre désormais sur l'extrémité nord-ouest de l'essaim.

La zone de la vallée du Parpaillon située au nord-ouest de la Condamine–Châtelard présente, entre Sainte-Anne et le Plan de la Malle Haute, une « lacune sismique » de 2 à 3 km de long, entre l'essaim de 2003–2004 et l'essaim actuel.

* Cet essaim avait particulièrement été étudié par Jenatton et al. (2007). Il a fait aussi l'objet d'une page spéciale sur ce site.

 

Archives : Communiqués de presse

Communiqué du 10 février 2015 à 09:24 Le réseau de surveillance sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le mardi 10 février 2015 à 6 h 39 min (heure locale) DEUX séismes de magnitude 3,0 qui se sont succédé à 14 secondes d'intervalle, avec un épicentre situé dans le massif du Parpaillon entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes). Le foyer était situé à moins de 10 km de profondeur.

Il s'agit de deux nouveaux séismes appartenant à la crise en essaim apparue à cet endroit en février 2012 et réactivée par le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014. Le dernier séisme de cette crise ayant atteint la magnitude 3 s'est produit fin novembre 2014. Dans les Alpes, il est extrêmement rare d'observer deux secousses aussi importantes à seulement quelques secondes d'intervalle ; mais, dans un scénario de type essaim, tout est possible ou presque.

À la différence de la plupart des autres séismes de l'essaim, les localisations actuellement disponibles fournissent un épicentre plus proche de Crévoux que de La Condamine. Cela reste à confirmer, mais c'est un fait que, depuis trois jours, on avait noté une recrudescence de l'activité sismique à cet endroit. Les deux séismes de ce matin ont été ressentis dans le secteur de l'Embrunais, du Guillestrois et de la haute vallée de l'Ubaye, mais bien sûr sans faire de dégâts.

Depuis 10 mois, 8 000 séismes ont été détectés dans cette zone montagneuse d'une dizaine de kilomètres carrés. 3 500 ont pu être localisés, ce qui correspond, en 10 mois, à un volume de sismicité habituellement observé en trois ans sur l'ensemble du Sud-Est de la France. Depuis 2012, environ 200 séismes de cette crise sismique en essaim étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis, essentiellement à La Condamine et dans les communes limitrophes.

La sismicité en essaim de la vallée de l'Ubaye est étudiée en détail depuis plus de dix ans, quand un essaim de 16 000 séismes s'était produit en 2003-2004 en travers de la vallée de l'Ubaye, juste sous le village de La Condamine. On peut s'attendre à ce que l'activité sismique perdure tout au long de cette année, avec sporadiquement des magnitudes 2 (quasi certitude), 3 (toujours possible), voire supérieures à 4 (mais avec une probabilité beaucoup plus faible).


Communiqué du 25 novembre 2014 à 09:18 Le réseau de surveillance sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le mardi 25 novembre 2014 à 8 h 34 min (heure locale) un séisme de magnitude 3,2* dont l'épicentre était situé dans le massif du Parpaillon entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes). Le foyer était situé à moins de 10 km de profondeur.

Il s'agit d'un nouveau séisme appartenant à la crise en essaim apparue à cet endroit en février 2012 et réactivée par le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014. Le séisme de ce matin est le cinquième à dépasser la magnitude 3 depuis avril dernier, puisque trois autres séismes de magnitude 3,6, 3,5 et 3,1 se sont produits au même endroit en juin, juillet et septembre.

Depuis sept mois, 6 000 séismes ont été détectés dans cette zone montagneuse d'une dizaine de kilomètres carrés. 3 000 ont pu être localisés, ce qui correspond, en 7 mois, à un volume de sismicité habituellement observé en plus de deux ans sur l'ensemble du Sud-Est de la France. Depuis 2012, environ 150 séismes de cette crise sismique en essaim étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis, essentiellement à La Condamine et dans les communes limitrophes.

La sismicité en essaim de la vallée de l'Ubaye est étudiée en détail depuis plus de dix ans, quand un essaim de 16 000 séismes s'était produit en 2003-2004 en travers de la vallée de l'Ubaye, juste sous le village de La Condamine. On peut s'attendre à ce que l'activité sismique perdure jusqu'à l'année prochaine, avec sporadiquement des magnitudes 2 (quasi certitude), 3 (toujours possible), voire supérieures à 4 (mais avec une probabilité beaucoup plus faible).

* Valeur ramenée à 3,1 par la suite.


Communiqué du 19 septembre 2014 à 13:28 Le réseau de surveillance sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le vendredi 19 septembre 2014 à 12 h 44 min (heure locale) un séisme de magnitude 2,9 dont l'épicentre était situé dans la haute vallée de l'Ubaye, entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes). Le foyer était à 10 km de profondeur.

Il s'agit d'un nouveau séisme appartenant à la crise en essaim apparue à cet endroit en février 2012 et réactivée par le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014. Ce séisme est la quatrième plus forte magnitude détectée dans cet essaim cette année. Deux séismes de magnitude 3,6 et 3,5 se sont produits le 22 juin et le 14 juillet dans le même secteur, et un séisme de magnitude 3,1 s'est produit pratiquement aux mêmes coordonnées le 12 septembre, il y a tout juste une semaine.

Depuis cinq mois, près de 6 000 séismes ont été détectés dans cette zone montagneuse d'une dizaine de kilomètres carrés. Environ 3 000 séismes ont pu être localisés, ce qui correspond, en 5 mois, au volume de sismicité habituellement observé en 2 ans sur l'ensemble du Sud-Est de la France. Depuis 2012, on estime qu'environ 150 séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis, essentiellement à La Condamine et dans les communes limitrophes.

D'après ce que l'on sait maintenant de la sismicité en essaim de la vallée de l'Ubaye, étudiée en détail depuis dix ans, on peut s'attendre à ce que l'activité sismique perdure jusqu'à l'année prochaine, avec sporadiquement des magnitudes 2 (quasi certitude), 3 (toujours possible), voire supérieures à 4 (mais avec une probabilité beaucoup plus faible).


Communiqué du 13 septembre 2014 à 00:25 Le réseau de surveillance sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le vendredi 12 septembre 2014 à 23 h 27 min (heure locale) un séisme de magnitude 3,1 dont l'épicentre était situé dans la haute vallée de l'Ubaye, entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes). Le foyer était à 10 km de profondeur.

Il s'agit d'un nouveau séisme appartenant à la crise en essaim apparue à cet endroit en février 2012 et réactivée par le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014. Ce séisme est la troisième plus forte magnitude détectée dans cet essaim cette année, puisque deux séismes de magnitude 3,6 et 3,5 se sont produits le 22 juin et le 14 juillet dans le même secteur. Depuis cinq mois, près de 6 000 séismes ont été détectés dans cette zone montagneuse d'une dizaine de kilomètres carrés. Environ 3 000 séismes ont pu être localisés, ce qui correspond, en 5 mois, au volume de sismicité habituellement observé en 2 ans sur l'ensemble du Sud-Est de la France. Depuis 2012, on estime qu'environ 150 séismes étaient de magnitude suffisante pour avoir été ressentis, essentiellement à La Condamine et dans les communes limitrophes.

D'après ce que l'on sait maintenant de la sismicité en essaim de la vallée de l'Ubaye, étudiée en détail depuis dix ans, on peut s'attendre à ce que l'activité sismique perdure jusqu'à l'année prochaine, avec sporadiquement des magnitudes 2 (quasi certitude), 3 (toujours possible), voire supérieures à 4 (mais avec une probabilité beaucoup plus faible).


Communiqué du 14 juillet 2014 à 06:24 Le réseau de surveillance sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le lundi 14 juillet 2014 à 05 h 09 min (heure locale) un séisme de magnitude 3,5 dont l'épicentre était situé dans la haute vallée de l'Ubaye, entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes).

Il s'agit d'un nouveau séisme appartenant à la crise en essaim apparue à cet endroit en février 2012 et réactivée par le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril 2014. Ce séisme est la seconde plus forte magnitude détectée dans cet essaim cette année, puisque, le 22 juin dernier, un séisme de magnitude 3,6 s'était produit dans le même secteur. Rappelons que, depuis trois mois, plus de 5 000 séismes ont été détectés dans cette zone montagneuse d'une dizaine de kilomètres carrés. Environ 2 000 séismes ont pu être localisés, ce qui correspond, en 3 mois, au volume de sismicité habituellement observé en 2 ans sur l'ensemble du Sud-Est de la France.

Rappelons également que, dans cette crise en essaim, il y avait statistiquement un déficit en séismes de magnitude 3 à 4. L'événement qui vient de se produire le comble partiellement. Il est très probable que la crise perdure dans les mois qui viennent, avec des magnitudes 2 (quasi certitude), 3 (probable), voire supérieures à 4.

Les séismes atteignant la magnitude 3,5 sont relativement peu fréquents dans le Sud-Est de la France, puisqu'ils ne surviennent statistiquement qu'une fois par an. Avec trois séismes atteignant ce seuil en trois mois, la crise sismique se déroulant actuellement en Ubaye se signale par une activité peu ordinaire.


Communiqué du 22 juin 2014 à 11:52 Le réseau de surveillance sismique de l'Observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré le dimanche 22 juin 2014 à 03 h 32 min (heure locale) un séisme de magnitude 3,6 dont l'épicentre était situé dans le massif du Parpaillon, limitrophe des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, à quelques kilomètres au sud-est de Crévoux (Hautes-Alpes).

Il s'agit de la plus forte magnitude dans ce secteur depuis le séisme de magnitude 4,8 du 7 avril dernier, qui s'est produit à quelques kilomètres plus au sud-est, dans la vallée de l'Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence). Depuis début avril, plus de 4 000 séismes ont été détectés dans cette zone montagneuse d'une dizaine de kilomètres carrés. Plus de 1 600 séismes ont pu être localisés, ce qui correspond, en un peu plus de 2 mois, au volume de sismicité habituellement observé en 2 ans sur l'ensemble du Sud-Est de la France.

Dans la crise sismique en essaim qui se déroule actuellement, il y avait statistiquement un déficit en séismes de magnitude 3 à 4. L'événement qui vient de se produire le comble partiellement. Il est très probable que la crise perdure dans les mois qui viennent, avec des magnitudes 2 (quasi certitude), 3 (probable), voire supérieures à 4.


Communiqué du 18 mai 2014 à 12:06 Le réseau de détection sismique de l'observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré, le samedi 17 mai 2014 à 11 h 35 (heure locale) un séisme de magnitude 2,9 dont l'épicentre était situé entre Jausiers (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes), dans le même secteur géographique du massif du Parpaillon que le séisme de magnitude 4,8 du lundi 7 avril au soir. Une localisation relative positionne l'épicentre à 2,5 km à l'ouest de l'épicentre du 7 avril, dans une zone active depuis 2012, réactivée depuis le 7 avril, et qui apparaît sur une carte comme un accident d'orientation sud-ouest-nord-est transverse à celle de l'essaim principal. La profondeur du foyer était de 6 km.

Il s'agit de la plus forte magnitude enregistrée dans ce secteur depuis le 7 avril, un peu supérieure à la magnitude de 2,8 enregistrée le 14 avril. Le mécanisme au foyer est un mécanisme de pure faille normale (extension en profondeur entre deux compartiments tectoniques).

Le bilan encore provisoire que l'on peut faire de l'activité sismique observée depuis un peu plus d'un mois est : plus de 3 000 séismes détectés (dans les 4 heures et demie qui ont suivi le séisme du 7 avril, plus de 400 séismes ont été détectés, soit un à deux par minute ; le 8 avril ont été détectés 442 séismes) ; plus de 1 250 localisés ; 800 localisés avec précision.

Compte tenu de ce que l'on sait des caractéristiques de la sismicité de ce secteur de la vallée de l'Ubaye, il est probable que l'activité continue ainsi sporadiquement pendant plusieurs mois, avec des secousses de magnitude 2 (quasi certitude), 3 (probable), voire supérieure à 4. Le fait que la zone épicentrale soit située en montagne, avec des foyers relativement profonds (entre 6 et 11 km de profondeur), atténue, pour les faibles magnitudes, les effets perçus en vallée. Les localités les plus proches sont Crévoux, à un peu moins de 8 km au nord ; La Condamine, à un peu plus de 8 km à l'est-sud-est, et Saint-Paul-sur-Ubaye à 9 km à l'est-nord-est.


Communiqué du 14 avril 2014 à 16:53 Le réseau de détection sismique de l'observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré, le lundi 14 avril 2014 à 16 h 09 (heure locale) un séisme de magnitude 2,9 dont l'épicentre était situé entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes), dans le même secteur géographique du massif du Parpaillon que le séisme de magnitude 4,8 du lundi 7 avril au soir.

Comme on pouvait s'y attendre, le séisme du 7 avril a été suivi de très nombreuses répliques (plusieurs centaines de séismes détectés dans la seule journée du 8 avril). Les magnitudes étaient restées cependant étonnamment modérées, puisque seuls quelques séismes ont atteint la magnitude 2,1. Depuis une semaine, on peut estimer que plusieurs dizaines de séismes étaient de magnitude suffisante pour être ressentis localement dans la zone épicentrale. Près de 2 000 séismes au total ont été détectés depuis 8 jours dans ce secteur de la haute vallée de l'Ubaye.

Avec une magnitude de 2,9, le séisme qui vient de se produire comble partiellement le déficit de séismes de magnitude 3 à 4 que l'on peut statistiquement attendre après un séisme de magnitude 4,8. Il est probable que l'activité continue ainsi sporadiquement pendant plusieurs mois, avec des secousses dans cette gamme de magnitude.


Communiqué du 7 avril 2014 à 22:40 Le réseau de détection sismique de l'observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré, le lundi 7 avril 2014 à 21 h 27 (heure locale) un séisme de magnitude 4,8 dont l'épicentre était situé entre La Condamine (Alpes-de-Haute-Provence) et Crévoux (Hautes-Alpes). Les coordonnées épicentrales sont 44°29'N et 6°39'E. Le foyer était situé vers 7 km de profondeur d'après les premières estimations. Ce séisme a aussi été ressenti à grande distance jusque dans l'Isère, en Haute-Savoie et en Italie.

La haute vallée de l'Ubaye est l'une des zones les plus sismiques des Alpes françaises. En 1959, un séisme de magnitude 5,5 qui s'était produit à proximité de Saint-Paul avait généré d'importants dégâts immobiliers et fait deux blessés.

Entre 2003 et 2004, plus de 16 000 séismes se sont produits à La Condamine-Châtelard, un peu plus bas dans la vallée. Cette crise sismique en essaim n'était constituée que de séismes de faible magnitude (au maximum 2,7), mais qui avaient été fortement ressentis localement du fait de la faible profondeur des foyers (vers 6 km) à l'aplomb du village. C'est à proximité de cet essaim que s'est produit le 26 février 2012 un séisme de magnitude 4,3. Ce séisme, suivi de répliques, a lui-même déclenché un autre essaim, distinct de celui de 2003-2004. Depuis cette date, l'activité n'a jamais vraiment cessé, avec environ 2 000 séismes qui ont été localisés depuis un peu plus de deux ans dans cette zone du massif du Parpaillon. Une quarantaine de ces séismes avaient des magnitudes comprises entre 2 et 3,6.

D'après une localisation qui reste encore préliminaire, le séisme de cette nuit était situé à 1,5 km au sud-ouest du séisme de février 2012.

En moyenne, c'est tous les 15 ans qu'un séisme atteint la magnitude 4,8 dans le grand quart sud-est de la France. En raison de sa magnitude, le séisme de cette nuit risque de générer des répliques et de réactiver les essaims de cette zone limitrophe des départements des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes. De nombreuses répliques sont effectivement en train de se produire à l'heure où ce communiqué est rédigé.


Communiqué du 25 mars 2012 à 12:08 Le réseau de détection sismique de l'observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré, le dimanche 25 mars 2012 à 10 h 05 (heure locale) un séisme de magnitude 3,4 dont l'épicentre était situé dans la haute vallée de l'Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence). Les coordonnées épicentrales sont 44°29.0'N et 6°40.7'E. Le foyer était situé à 6 km de profondeur. Ce séisme a été ressenti localement dans la vallée de l'Ubaye, ainsi que probablement dans l'Embrunais et le Guillestrois (Hautes-Alpes). Par comparaison avec les autres séismes de magnitude équivalente survenues dans ce secteur depuis un mois, le séisme de ce matin a pu être ressenti à beaucoup plus grande distance.

Ce séisme fait en effet partie de la crise sismique en essaim qui a débuté à cet endroit il y a un mois et qui a produit au total plus de quinze cents séismes. C'est le séisme de plus forte magnitude depuis le séisme de magnitude 3,6 du 2 mars au matin. Une localisation précise montre que son épicentre est situé à un peu plus de 2 km au sud-est du séisme principal de magnitude 4,3 du 26 février, c'est-à-dire dans la vallée du Parpaillon, un affluent de l'Ubaye.

On observe statistiquement dans le grand quart sud-est de la France seulement trois événements de magnitude supérieure à 3 chaque année. Avec sept secousses qui atteignent ou dépassent ce seuil depuis un mois dans un secteur de quelques kilomètres carrés, la haute vallée de l'Ubaye se signale par sa sismicité hors norme. Cette crise sismique en essaim semble caractérisée par des séismes répétitifs de magnitude comprise entre 3 et 4. Il est fort vraisemblable que d'autres tels séismes se produisent encore dans les semaines ou les mois à venir.


Communiqué du 15 mars 2012 à 12:00 Ce communiqué a pour but de faire le point sur le séisme de magnitude 4,3 qui s'est produit le 26 février 2012 dans la vallée de l'Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), ainsi que sur les quelque 1 000 secousses (dont une trentaine ressenties) détectées dans ce secteur au cours des 20 derniers jours.

L'épicentre du séisme du 26 février, calculé par le réseau sismologique de l'observatoire de Grenoble (réseau Sismalp), est situé par 44°30'N et 6°40'E, à proximité de Saint-Paul-sur-Ubaye, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Ces coordonnées géographiques correspondent à celles du sommet oriental de la Montagne de Parpaillon qui culmine à près de 3 000 m et qui marque la limite entre les communes de Saint-Paul-sur-Ubaye, La Condamine-Châtelard et Crévoux (Hautes-Alpes). Saint-Paul est le village le plus proche de l'épicentre (un peu moins de 7 km) ; Crévoux n'en est guère plus éloigné (un peu plus de 7 km) ; certains séismes qui se sont produits début mars ont leurs épicentres à moins de 6 km du village de La Condamine.

Le foyer du séisme du 26 février était situé à 8 km de profondeur par rapport au niveau de la mer, soit 11 km sous la surface. Le « mécanisme au foyer » a pu être calculé en utilisant les observations faites par une cinquantaine de stations sismologiques situées dans les Alpes françaises, suisses et italiennes. Ce mécanisme montre clairement que la faille qui a fonctionné lors de ce séisme est une faille dite « normale » d'orientation NNW-SSE qui a permis au compartiment tectonique situé à l'ouest (Barcelonnette) de s'affaisser d'environ 1 cm par rapport au compartiment situé à l'est (Saint-Paul).

La haute vallée de l'Ubaye est l'une des zones les plus sismiques des Alpes françaises. En 1959, un séisme de magnitude 5,5 qui s'était produit à proximité de Saint-Paul (vraisemblablement à 6 km au nord du village), avait généré d'importants dégâts immobiliers et fait deux blessés. Ce séisme avait été suivi de répliques pendant plusieurs mois. Plus que des séismes violents tels que celui de 1959, l'Ubaye est plutôt coutumière de crises sismiques dites « en essaims » lors desquelles l'activité sismique se manifeste, en un lieu bien précis, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avec une succession de secousses de magnitudes variées, sans que l'on puisse être certain que la magnitude maximale ait été atteinte. Une telle crise en essaim a été ainsi observée sous La Condamine en 2003–2004 en travers de la vallée de l'Ubaye, avec plus de 16 000 séismes comptabilisés en 2 ans, dont 5 séismes de magnitude 2,5 à 2,7.

L'activité sismique enregistrée depuis le 26 février 2012 est importante : plus de 1 000 séismes détectés ; plus de 500 localisés ; vraisemblablement une trentaine ressentis. Deux stations sismologiques temporaires transmettant leurs données à Grenoble ont été installées le 1er et le 10 mars à Tournoux (Saint-Paul) et à Sainte-Anne (La Condamine) pour renforcer la surveillance assurée par Sismalp. La sismicité observée fait penser qu'un essaim analogue à celui de 2003–2004 a été activé par le choc principal (en blanc sur la carte : essaim de 2003–2004 ; en rouge : essaim de 2012 ; en noir : événements les plus récents). Cet essaim est cependant distinct du précédent : bien que situé dans le même alignement NW–SE, son orientation ne semble pas être tout à fait la même ; il ne fait que 4 km de long au lieu de 9 ; son activité se manisfeste par des secousses de magnitude 2 à 3 suivies, pendant quelques heures, d'une séquence de répliques de magnitude moindre, avant qu'un calme relatif ne se réinstalle. Le réseau de failles de l'essaim actuel est probablement plus complexe que celui de l'essaim précédent, comme le suggère la carte de localisation, les mécanismes au foyer, et aussi la façon dont des séismes de magnitude équivalente sont très différemment ressentis en un même lieu, alors que leurs foyers sont très proches.

L'activité a légèrement migré entre le 26 février et le 2 mars : les deux séismes du 27 février se sont produits un peu plus au sud-est que le séisme principal, le séisme du 2 mars encore plus au sud-est, vers le Plan de la Malle Haute (vallée du Parpaillon). Cette « migration » vers le sud-est semble s'être interrompue, et l'activité se concentre désormais à l'extrêmité nord-ouest de l'essaim, à l'aplomb de la limite départementale entre les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes. Il est important de noter que la zone de la vallée du Parpaillon située au nord-ouest de La Condamine présente, entre Sainte-Anne et le Plan de la Malle Haute, une « lacune sismique » de 2 à 3 km de long, entre l'essaim de 2003–2004 et l'essaim actuel.

La sismicité de l'Ubaye est très capricieuse et il est impossible de prévoir le détail de l'évolution du présent essaim. Des séismes se reproduiront très probablement dans le secteur actuellement actif au cours des semaines ou des mois à venir. Comme les foyers sont relativement profonds (7 km en moyenne), ils continueront à être ressentis de façon parfois désagréable jusqu'à Barcelonnette ou même Guillestre ; en revanche, si leur magnitude reste inférieure à 4 (ce qui est très probable), ils n'auront aucun effet dommageable sur les bâtiments.


Communiqué du 27 février 2012 à 01:06 Le réseau de détection sismique de l'observatoire de Grenoble (réseau Sismalp) a enregistré, le dimanche 26 février 2012 à 23 h 38 (heure locale) un séisme de magnitude 4,4* dont l'épicentre était situé à Saint-Paul-sur-Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence). Les coordonnées épicentrales sont 44°31'N et 6°43'E. Le foyer était situé vers 10 km de profondeur. Ce séisme a été ressenti localement avec une intensité maximale de IV sur l'échelle EMS dans la haute vallée de l'Ubaye et à Vars (Hautes-Alpes). Mais il a aussi été ressenti à grande distance jusque dans la région grenobloise.

La haute vallée de l'Ubaye est l'une des zones les plus sismiques des Alpes françaises. En 1959, un séisme de magnitude 5,5 qui s'était produit à proximité de Saint-Paul avait généré d'importants dégâts immobiliers et fait deux blessés.

Entre 2003 et 2004, plus de 16 000 séismes se sont produits à La Condamine-Châtelard, un peu plus bas dans la vallée. Cette crise sismique en essaim n'était constituée que de séismes de faible magnitude (au maximum 2,7), mais qui avaient été fortement ressentis localement du fait de la faible profondeur des foyers (vers 6 km) à l'aplomb du village.

En moyenne, c'est seulement tous les trois ans qu'un séisme atteint la magnitude 4,5 dans le grand quart sud-est de la France. En raison de sa magnitude, le séisme de cette nuit risque de générer des répliques de magnitude moindre que celle du choc principal (si l'on se trouve dans le cas classique « choc principal + répliques »). De nombreuses répliques se sont effectivement produites au cours de la nuit à un rythme de plusieurs par minute par certains moments. La réplique la plus importante, de magnitude 3,4, s'est produite le 27 février à 00 h 39 heure locale†.

Cependant, une légère activité sismique a été observée ces derniers jours dans la zone épicentrale, et l'on ne peut exclure un phénomène d'essaim de séismes très fréquent dans la région (succession de séismes de magnitude quasi-aléatoire).

Une analyse très préliminaire des données fait apparaître un mécanisme au foyer impliquant de l'extension selon un axe qui reste encore à déterminer‡.

* Valeur ramenée à 4,3 par la suite.
† Une réplique plus importante, de magnitude 3,6, s'est produite le même jour à 17 h 31 heure locale ; un autre séisme, également de magnitude 3,6, a eu lieu le vendredi 2 mars à 8 h 15 heure locale.
‡ Cette extension se fait dans la direction est–ouest (voir mécanisme au foyer ci-dessous).

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Dernière mise à jour : 16 avril 2015